Quels sont les projets du gouvernement fédéral concernant le revenu de base pour les Ukrainiens ?
Le gouvernement fédéral prévoit ce qu'on appelle un « changement de régime juridique ». Cela signifie que certains réfugiés ukrainiens ne relèveront plus, à l'avenir, du système de protection sociale de base. Ils ne percevraient donc plus ni revenu minimum ni aide sociale, mais des prestations au titre de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile.
Il est important de noter que le projet de loi ne concerne pas tous les Ukrainiens et toutes les Ukrainiennes vivant en Allemagne. La date butoir est déterminante : le 1er avril 2025.
Les réfugiés ukrainiens arrivés en Allemagne avant cette date butoir devraient en principe pouvoir continuer à percevoir le revenu de citoyenneté ou l'aide sociale s'ils remplissent les conditions requises. Pour ce groupe, le projet de loi n'apporte donc aucun changement.
Il en va autrement pour les Ukrainiens et les Ukrainiennes qui sont entrés sur le territoireà compter du 1er avril 2025 ou qui ont demandé ou obtenu pour la première fois après le 31 mars 2025 un titre de séjour en vertu de l'article 24 de la loi sur le séjour des étrangers (AufenthG) ou une attestation provisoire. À l'avenir, ils ne relèveront plus du système du revenu de citoyenneté, mais percevront des prestations au titre de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile s'ils sont dans le besoin.
L'UE a adopté des mesures concernant l'avenir des réfugiés ukrainiens : simplification de la procédure de renouvellement des titres de séjour, programmes de retour, protection jusqu'en 2027. Qu'en est-il exactement ?...
Pourquoi le gouvernement fédéral souhaite-t-il modifier le revenu de base destiné aux Ukrainiens ?
Depuis mars 2022, les réfugiés ukrainiens peuvent percevoir le revenu de base en Allemagne s'ils ne sont pas en mesure de subvenir eux-mêmes à leurs besoins. Cette possibilité découle d'une disposition spéciale liée à la directive européenne relative à l'afflux massif de migrants. Celle-ci autorise les Ukrainiens à entrer en Allemagne ou dans d'autres États membres de l'UE sans déposer de demande d'asile et à y bénéficier d'une protection temporaire. En Allemagne, cette disposition est inscrite à l'article 24 de la loi sur le séjour (AufenthG ).
D'un point de vue juridique, les Ukrainiens ne sont donc pas considérés comme des demandeurs d'asile. Ils sont plutôt assimilés à d'autres personnes bénéficiant d'une protection, comme les réfugiés reconnus. Ils ont ainsi accès au marché du travail, au système de santé, au système éducatif, au regroupement familial et aux prestations sociales telles que le revenu minimum.
C'est précisément cette disposition particulière que le gouvernement fédéral souhaite désormais supprimer en partie. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'un accord figurant dans le contrat de coalition entre la CDU/CSU et le SPD. Il est prévu que les réfugiés ukrainiens nouvellement arrivés relèvent désormais de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile.
Le gouvernement fédéral justifie cette loi par le fait que le nombre de réfugiés ukrainiens arrivés en Allemagne depuis le début de la guerre a désormais considérablement diminué. C'est pourquoi il convient de redéfinir quelles autorités sont compétentes pour les nouveaux arrivants. Jusqu'à présent, c'était l'agence pour l'emploi ; avec la nouvelle loi, ce serait le service social.
Qu'est-ce qui change avec la nouvelle loi ?
Pour les personnes concernées, c'est surtout le montant des prestations mensuelles qui changerait. Le revenu minimum garanti s'élève actuellement à 563 euros par mois pour les adultes vivant seuls. En 2026, les prestations prévues par la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile s'élèveront à 455 euros par mois pour les adultes vivant seuls.
Les personnes concernées recevraient ainsi moins d'argent pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Les frais de logement et de chauffage peuvent toutefois être pris en charge au titre de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile, si les conditions requises sont remplies.
Des changements interviendraient également en matière de soins de santé. Les bénéficiaires du revenu de citoyenneté sont généralement affiliés à l'assurance maladie publique. Les cotisations sont alors prises en charge par l'agence pour l'emploi. La loi sur les prestations aux demandeurs d'asile prévoit un régime différent en matière de soins médicaux. Elle prévoit des soins de base, par exemple en cas de maladies aiguës, de douleurs, de grossesse et d'accouchement.
Le projet de loi prévoit toutefois que les traitements médicaux déjà entamés puissent être poursuivis au cas par cas. Cette mesure vise à éviter que des traitements nécessaires ne soient brusquement interrompus simplement parce qu'une personne change de régime d'assurance.
Le projet de loi prévoit également des règles plus strictes en matière d'intégration sur le marché du travail. Les personnes aptes au travail qui perçoivent des prestations au titre de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile seront désormais davantage tenues de rechercher activement un emploi. Quiconque ne respecte pas cette obligation pourra être contraint par les autorités à occuper ce que l'on appelle des « emplois à un euro ».
Des responsables politiques de l'Union réclament une limitation de l'accueil des réfugiés ukrainiens. Mais le statut de protection de l'UE ne laisse que peu de marge de manœuvre. Qu'est-ce que cela signifie pour l'Allemagne ?...
La loi sur le revenu de base entrera-t-elle en vigueur en juillet 2026 ?
Le gouvernement fédéral avait initialement prévu que la loi soit adoptée et entre en vigueur au plus tard le 1er juillet 2026. Cependant, cette date n'est pas encore certaine. Le Conseil des ministres a certes déjà adopté le projet de loi en novembre 2025, mais celui-ci doit encore être approuvé par le Bundestag et le Bundesrat.
C'est surtout le Bundesrat – c'est-à-dire l'assemblée réunissant les seize Länder – qui émet de sérieux doutes quant à cette nouvelle loi. Il critique les conséquences financières pour les Länder. En effet, le passage du revenu de base à la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile entraînerait un transfert plus important vers les Länder et les communes des coûts qui, jusqu'à présent, étaient pris en charge par l'État fédéral.
Le gouvernement fédéral promet certes de compenser ces coûts, mais la loi ne prévoit aucune disposition contraignante à cet égard. Les Länder craignent donc de devoir supporter des coûts élevés.
De plus, les Länder craignent que la nouvelle loi n'entraîne un alourdissement des formalités administratives. Les autorités devraient en effet vérifier la date d'entrée sur le territoire d'une personne, son statut de protection, les prestations qui lui ont déjà été accordées et le moment où il faudrait passer au régime prévu par la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile. Dans de nombreux cas, cela peut s'avérer fastidieux.
Les Länder soulèvent un troisième point critique concernant l'intégration des réfugiés ukrainiens sur le marché du travail. Les bénéficiaires du revenu de citoyenneté sont pris en charge par les agences pour l'emploi et bénéficient d'un accompagnement dans leur recherche d'emploi, de formations professionnelles et, dans certains cas, d'un accès à des cours de langue et à des programmes d'intégration.
Les personnes relevant de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile n'ont pas droit à ces prestations dans la même mesure. Les Länder craignent donc que les réfugiés ukrainiens récemment arrivés aient plus de mal à s'intégrer sur le marché du travail, car ils ont moins de possibilités d'apprendre l'allemand.
Tant que ces questions en suspens entre le gouvernement fédéral et les Länder n'auront pas été réglées, la loi ne pourra pas être définitivement adoptée. De plus, il ne reste plus que quelques semaines de session avant la pause estivale du Parlement, qui débutera le 10 juillet 2026.
Un accord avant la pause estivale semble donc peu probable à l'heure actuelle. On peut donc se demander si la loi pourra entrer en vigueur comme prévu le 1er juillet 2026. Si le gouvernement fédéral et les Länder ne parviennent pas à s'entendre avant la pause estivale, l'entrée en vigueur de la loi serait probablement reportée au mois de septembre.
L'Allemagne prolonge jusqu'en 2026 l'exemption de visa pour les Ukrainiens, mais pour la première fois avec des restrictions importantes. Les personnes qui ont obtenu une protection dans un autre État membre de l'UE ne pourront plus bénéficier à l'avenir de cette réglementation spéciale allemande. Qu'est-ce que cela signifie pour les personnes concernées ?...
Conclusion : la suppression du revenu de base est prévue, mais la date de juillet 2026 reste à confirmer
La suppression du revenu de base pour les réfugiés ukrainiens est un projet phare du gouvernement fédéral. Cette mesure concerne principalement les Ukrainiens arrivés en Allemagne à partir du 1er avril 2025. À l'avenir, ils percevront des prestations au titre de la loi sur les prestations aux demandeurs d'asile. Pour les Ukrainiens arrivés avant cette date butoir, rien ne devrait changer en principe.
La nouvelle loi devrait en principe entrer en vigueur le 1er juillet 2026. Il n'est toutefois pas certain que cette date puisse être respectée. Le projet de loi n'a pas encore été définitivement adopté, et des désaccords persistent entre le Bundestag et le Bundesrat concernant les coûts, les compétences, l'intégration et la bureaucratie.
Pour les personnes concernées, cela signifie que, pour l'instant, rien ne change. Aucune modification n'interviendra tant que la loi n'aura pas été définitivement adoptée et ne sera pas entrée en vigueur. Les Ukrainiens et Ukrainiennes arrivés en Allemagne après le 1er avril 2025 et qui perçoivent des prestations sociales devraient néanmoins suivre de près l'évolution de la situation. En effet, à l'avenir, l'autorité compétente et les prestations auxquelles ils ont droit pourraient changer.