Mais quelles sont exactement les exigences ? Quelles sont les règles en vigueur actuellement ? Et les personnes qui souhaitent obtenir la nationalité doivent-elles s'attendre à des changements ?
Le nombre de naturalisations augmente en Allemagne
Le nombre de naturalisations a augmenté en Allemagne ces dernières années. Selon les données de l'Office fédéral des statistiques, près de 292 000 personnes ont été naturalisées en 2024 . Il s'agit du chiffre le plus élevé depuis le début des statistiques en 2000.
Ce record pourrait bien être battu à nouveau en 2025. Selon une enquête menée par le journal *Welt am Sonntag*, plus de 309 000 personnes auraient obtenu la nationalité allemande l'année dernière.
Ces chiffres n'ont toutefois pas encore été officiellement confirmés. Il apparaît néanmoins que le passeport allemand constitue un objectif important pour de nombreux migrants qui remplissent les conditions requises.
L'Union réclame des conditions plus strictes pour la naturalisation
Certains responsables politiques de la CDU/CSU voient dans cette hausse un signe que les conditions d'accès à la naturalisation ont été trop assouplies. Ils critiquent surtout la réforme du droit de la nationalité de 2024, adoptée par le gouvernement fédéral de l'époque, composé du SPD, des Verts et du FDP.
La réforme est entrée en vigueur en juin 2024. Depuis lors, il est possible d'obtenir la naturalisation après cinq ans de séjour légal en Allemagne. Auparavant, les candidats à la naturalisation devaient attendre huit ans. De plus, la double nationalité a été autorisée. Cela signifie que les personnes qui obtiennent la nationalité allemande ne sont généralement plus tenues de renoncer à leur nationalité d'origine.
Quelles sont les revendications précises de la CDU/CSU ?
Ce sont précisément ces deux points qui sont désormais au cœur du débat politique. Une partie de l'Union souhaite allonger la durée de résidence requise pour la naturalisation et restreindre davantage la double nationalité.
Alexander Throm, porte-parole de la CDU/CSU chargé des affaires intérieures, réclame un durcissement de la loi sur la nationalité en raison de l'augmentation du nombre de naturalisations. Il a déclaré à la plateforme d'information Welt que le délai normal de naturalisation devait être repoussé de cinq à huit ans.
Par ailleurs, Throm se prononce en faveur de la suppression de la possibilité générale de conserver la double nationalité. Selon lui, il ne devrait donc plus être possible, en principe, de conserver son passeport d'origine lors de la naturalisation.
Le ministre de l'Intérieur de la Hesse, Roman Poseck (CDU), critique lui aussi la double nationalité. « La double nationalité complique l'intégration », a-t-il déclaré au journal Welt.
Selon lui, la naturalisation implique également un engagement clair en faveur de la nationalité allemande. Cet engagement ne serait pas le même en cas de double nationalité. C'est pourquoi M. Poseck demande que la double nationalité soit limitée à des cas exceptionnels.
Alexander Throm souligne par ailleurs que la CDU/CSU a déjà supprimé la naturalisation accélérée après trois ans. Cette mesure faisait également partie de la réforme du droit de la nationalité de 2024.
La naturalisation accélérée devait permettre aux personnes particulièrement bien intégrées d'obtenir la nationalité allemande après seulement trois ans. Pour cela, elles devaient justifier d'efforts d'intégration exceptionnels, tels que de très bonnes connaissances en allemand et des réalisations remarquables sur le plan professionnel, scolaire ou bénévole. Depuis octobre 2025, la naturalisation accélérée n'est plus possible.
La naturalisation n'est-elle possible qu'avec un permis de séjour de longue durée ?
Alexander Throm avance également une autre proposition. Selon lui, les personnes bénéficiant d'un statut de protection ne devraient pas pouvoir être naturalisées directement. Elles devraient d'abord se voir accorder un permis de séjour. Ce n'est qu'ensuite que le délai de naturalisation commencerait à courir, selon la proposition de ce responsable de la CDU.
Le permis d'établissement est un titre de séjour à durée indéterminée. Les personnes qui l'obtiennent sont autorisées à rester en Allemagne de manière permanente et bénéficient d'une plus grande sécurité dans de nombreux domaines, par exemple en matière d'emploi, de regroupement familial et de projets de vie à long terme.
Pour obtenir le permis de séjour permanent, plusieurs conditions doivent toutefois être remplies. Il s'agit généralement d'une durée de séjour minimale de cinq ans, de 60 mois de cotisations à l'assurance retraite, d'un niveau de maîtrise de l'allemand équivalent au niveau B1, ainsi que de connaissances de base du système juridique et social allemand.
Pour les personnes ayant le statut de réfugié, la proposition d'Alexander Throm allongerait considérablement le délai d'obtention du passeport allemand. Une naturalisation qui aurait pu intervenir au bout de cinq ans pourrait alors, dans certains cas, prendre dix ans, voire plus.
Les conditions d'obtention de la nationalité vont-elles redevenir plus strictes ?
Il est actuellement peu probable que les revendications de la CDU/CSU soient mises en œuvre. Certes, la CDU/CSU forme le gouvernement fédéral avec le SPD. Cependant, l'accord de coalition ne prévoit pas de nouveau durcissement de la législation en matière de naturalisation.
L'accord de coalition prévoit certes la suppression de la naturalisation accélérée au bout de trois ans. Toutefois, la réforme du droit de la nationalité doit être maintenue.
Il faut également noter qu'une nouvelle loi serait nécessaire pour durcir à nouveau la législation. Or, il est peu probable à l'heure actuelle que le SPD soutienne une telle modification. En effet, c'est le SPD lui-même qui a participé à l'adoption de la réforme du droit de la nationalité.
Qu'est-ce que cela signifie pour les personnes qui souhaitent obtenir la nationalité ?
Pour les personnes qui souhaitent demander la nationalité allemande ou qui sont déjà engagées dans cette procédure, le débat actuel n'entraîne pour l'instant aucun changement. Quiconque remplit les conditions requises peut déposer une demande de naturalisation.
La naturalisation reste en principe possible après cinq ans. La double nationalité reste également autorisée. Les personnes bénéficiant d'un statut de protection n'ont pas besoin d'un permis d'établissement préalable pour se faire naturaliser.
Ce débat montre néanmoins que la naturalisation revient régulièrement au centre de l'attention politique. Les personnes qui souhaitent obtenir la naturalisation devraient donc s'informer suffisamment tôt et bien préparer leur dossier.
C'est toujours la situation juridique actuelle qui prévaut. Les demandes visant à durcir les conditions de naturalisation ne sont pour l'instant que des propositions politiques. Elles ne constituent pas encore une loi en vigueur.