Les résultats des commissions sont désormais disponibles - et ils émettent une recommandation claire à l'attention du Conseil fédéral: La turbo-naturalisation ne doit pas être supprimée.
Qu'est-ce qui se cache derrière cette décision ?
La commission recommande de ne pas supprimer la turbo-naturalisation après trois ans
Le 11 juillet 2025, le Conseil fédéral allemand débattra pour la première fois de la loi sur la suppression de la naturalisation après trois ans. En amont, les commissions des affaires intérieures et du travail, de l'intégration et de la politique sociale se sont réunies.
Les deux organes recommandent désormais clairement au Conseil fédéral de se prononcer contre la suppression de la turbo-naturalisation. La recommandation dit ceci
- L'Allemagne est tributaire de l'immigration - en particulier des personnes qui s'impliquent activement dans la vie professionnelle et sociale
- La naturalisation après trois ans est un outil précieux pour promouvoir l'intégration et attirer des professionnels qualifiés
- Le Conseil fédéral devrait rejeter l'abolition de la turbo-naturalisation, car elle supprime une incitation à l'intégration, surtout parmi les migrants performants et bien intégrés.
- Au lieu de supprimer la turbo-naturalisation, le Bundesrat doit demander au Bundestag de mieux promouvoir l'intégration, par exemple en finançant mieux les cours de langue et d'intégration.
En outre, les comités demandent que la naturalisation soit facilitée pour les groupes socialement défavorisés. Les personnes qui perçoivent des prestations sociales (Bürgergeld, ALGII) sans en être responsables devraient tout de même pouvoir être naturalisées - par exemple les parents isolés, les étudiants, les proches soignants et les personnes handicapées.
Qu'est-ce que le Conseil fédéral - et comment influence-t-il la législation ?
Le Bundesrat est l'un des cinq organes constitutionnels de la République fédérale et représente les 16 Länder. Contrairement au Bundestag, il n'est pas élu directement par le peuple, mais se compose de membres des gouvernements des Länder. Actuellement, il se compose de 69 membres.
Le Conseil fédéral participe au processus législatif. Son droit de participation varie toutefois selon les lois.
- Loi d'approbation : dans le cas des lois d'approbation, le Conseil fédéral doit approuver la loi. Sans approbation, pas de loi.
- Loi d'opposition : dans le cas des lois d'opposition, le Bundesrat peut s'opposer à une loi s'il n'est pas d'accord avec celle-ci. Cette opposition peut toutefois être mise en minorité par le Bundestag.
Le Conseil fédéral peut-il empêcher l'abolition de la turbo-naturalisation ?
Non, le Conseil fédéral n'a pas de droit de codécision direct dans le cas de la turbo-naturalisation.
La loi est une loi d'opposition. Le Bundesrat peut transmettre ses avis et recommandations au Bundestag (et éventuellement s'y opposer), mais il n'a pas d'influence directe sur la décision.
Il revient au Bundestag de décider si la naturalisation doit être supprimée ou non au bout de trois ans.
Quand la loi sera-t-elle votée ?
On a longtemps supposé que la décision serait prise avant les vacances parlementaires d'été - c'est-à-dire au plus tard le 11 juillet 2025. Mais cela semble désormais très improbable.
Comme le Bundesrat ne délibère que le 11 juillet et que la loi n'est actuellement pas à l'ordre du jour de la semaine de délibération actuelle du Bundestag, une décision est considérée comme très probable au plus tôt en septembre après la pause estivale.
Conclusion : peut-on continuer à demander la turbo-naturalisation ?
Oui, une demande de turbo-naturalisation peut être déposée jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle loi. Tant que la nouvelle loi n'est pas en vigueur, c'est l'ancienne législation qui s'applique.
Cela signifie que toute personne qui peut prouver qu'elle a fourni des efforts d'intégration particuliers, qu'elle parle l'allemand au niveau C1, qu'elle vit en Allemagne depuis au moins trois ans et qu'elle remplit toutes les autres conditions de naturalisation peut déposer une demande de turbo-naturalisation.
Mais attention : on ne sait pas encore si les procédures déjà en cours qui ne seront pas terminées avant l'entrée en vigueur de la loi seront ultérieurement refusées ou stoppées. On ne sait pas encore s'il y aura une réglementation transitoire et quelle en sera la forme.