Le ministère de l'Intérieur étudie la possibilité d'augmenter l'aide accordée dans le cadre du retour volontaire
Selon le magazine Focus, le ministère fédéral de l'Intérieur, dirigé par Alexander Dobrindt (CSU), examine actuellement la possibilité d'accorder à l'avenir une aide forfaitaire de 8 000 euros aux Syriens qui rentrent volontairement dans leur pays d'origine. Jusqu'à présent, cette aide est généralement bien inférieure, s'élevant à environ 1 000 euros.
Dès janvier 2025, les Syriens résidant en Allemagne pourront demander une aide de l'État pour retourner définitivement dans leur pays d'origine.
Le programme de retour REAG/GARP, coordonné par l'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF), constitue à cet égard un outil important. Ce programme prend notamment en charge les frais de voyage liés à un retour volontaire. Dans certains cas, les personnes qui rentrent dans leur pays bénéficient en outre d'une aide financière de démarrage.
En règle générale, le BAMF peut accorder une aide pouvant aller jusqu'à 1 700 euros par personne ou jusqu'à 4 000 euros par famille. Il n'existe toutefois pas de droit légal à cette aide. L'octroi d'une aide financière et son montant sont toujours examinés au cas par cas.
Il en irait autrement avec la prime de 8 000 euros actuellement en discussion. Selon le magazine Focus, ce montant ne serait plus calculé au cas par cas, mais versé sous la forme d'un forfait fixe.
Une porte-parole du ministère fédéral de l'Intérieur a déclaré au Münchner Merkur qu 'aucune décision n' avait encore été prise concernant une augmentation de la prime de retour. Cela signifie que la prime de retour de 8 000 euros ne fait pour l'instant l'objet d'aucun programme officiel. Il ne s'agit pour l'instant que d'une réflexion politique dont les médias font état.
Le taux d'octroi de l'asile aux demandeurs d'asile syriens a fortement baissé. Découvrez ici pourquoi de nombreuses demandes ne font actuellement l'objet d'aucune décision et ce que cela signifie pour les personnes concernées. ...
Qu'est-ce qu'une prime de retour ?
Une prime de retour est une aide financière destinée aux personnes qui souhaitent quitter l'Allemagne de leur plein gré et retourner définitivement dans leur pays d'origine. Elle vise notamment à les aider à organiser leur voyage, à couvrir leurs premières dépenses après leur arrivée ou à faciliter leur réinstallation dans leur pays d'origine.
Cette aide s'adresse exclusivement aux ressortissants de pays tiers, c'est-à-dire aux personnes originaires de pays n'appartenant pas à l'Union européenne. Sont notamment concernées les personnes en procédure d'asile, celles tenues de quitter le territoire, celles bénéficiant d'une tolérance ou celles titulaires de certains titres de séjour humanitaires.
Toute personne souhaitant bénéficier d'une aide au retour doit en faire la demande avant son départ. En outre, les personnes concernées doivent généralement prouver qu'elles ne sont pas en mesure de financer elles-mêmes leur voyage de retour. Par ailleurs, cette aide n'est en principe accordée qu'une seule fois, pour un départ définitif.
Cette aide est soumise à certaines conditions et règles. Le retour doit être volontaire et définitif. Toute personne qui demande une aide au retour doit déclarer qu'elle ne se rend pas dans son pays d'origine à titre temporaire.
Une fois l'aide acceptée, les personnes concernées doivent effectivement quitter le territoire. Quiconque reçoit cette aide mais ne quitte pas le territoire ou revient ultérieurement s'installer de manière permanente en Allemagne peut être contraint de rembourser les prestations perçues.
Pourquoi parle-t-on d'augmenter les primes de retour ?
Depuis la chute de l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad en décembre 2024, un débat politique a lieu en Allemagne pour savoir si les Syriens ont toujours besoin d'une protection. La prime au retour viserait désormais à inciter davantage à un retour volontaire.
Le président de l'Office fédéral des migrations et des réfugiés, Hans-Eckhard Sommer, a déclaré il y a quelques semaines que, selon lui, l'aide financière accordée jusqu'à présent en cas de retour volontaire n'était pas suffisante. Le ministre de l'Intérieur de la Hesse, Roman Poseck (CDU), estime lui aussi qu'il serait judicieux de mettre en place des incitations financières plus importantes.
En revanche, les Verts et les organisations humanitaires ont vivement critiqué cette décision. Selon le magazine Focus, Max Lucks, responsable politique des Verts, déplore que l'on évoque une augmentation des primes alors que la situation en Syrie reste très difficile. Il a reproché au gouvernement fédéral de ne pas tenir suffisamment compte de la situation critique dans le pays.
Les organisations humanitaires mettent également en garde contre un retour prématuré : selon l'International Rescue Committee, une grande partie des infrastructures en Syrie est détruite. De nombreuses personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, et une grande partie de la population vit dans la pauvreté.
Les réfugiés syriens pourront-ils bientôt se rendre dans leur pays d'origine sans risquer de perdre leur statut de réfugié ? La question fait actuellement l'objet de débats. Alors que certains partis souhaitent autoriser les voyages d'exploration, d'autres mettent en garde contre la perte du titre de séjour. Mais quels sont les véritables projets – et quelles sont les règles en vigueur actuellement ?...
Missions de reconnaissance : les Syriens peuvent-ils évaluer la situation sur place ?
Autre problème : de nombreux Syriens et Syriennes vivant en Allemagne ne peuvent pas se rendre sur place pour constater par eux-mêmes la situation. Quiconque se rend dans son pays d'origine alors qu'il bénéficie d'un statut de protection s'expose à ce que ce statut soit réexaminé ou révoqué. Un voyage en Syrie peut donc avoir des répercussions sur son séjour en Allemagne.
C'est pourquoi certains responsables politiques demandent que des visites temporaires dans leur pays d'origine soient autorisées. Les personnes concernées pourraient alors évaluer par elles-mêmes si un retour est envisageable pour elles et leur famille. Or, une telle disposition n'existe pas à l'heure actuelle.
La CDU et l'AfD, en particulier, s'opposent aux voyages d'exploration en Syrie. Par conséquent, la règle suivante continue de s'appliquer : toute personne bénéficiant d'un statut de protection qui se rend en Syrie risque de perdre son droit de séjour en Allemagne.
Conclusion : quelle est la prochaine étape ?
Pour les Syriens et les Syriennes vivant en Allemagne, ces informations ne changent pour l'instant rien à leur situation. Une prime au retour de 8 000 euros n'est pour l'instant qu'une réflexion politique et n'a pas encore été décidée.
Toutefois, les personnes qui envisagent de retourner volontairement en Syrie peuvent d'ores et déjà se renseigner auprès du BAMF pour savoir si une aide est possible et quel en serait le montant dans leur cas particulier.
Important : toute personne qui se rend volontairement dans son pays d'origine doit toujours vérifier au préalable quelles en seront les conséquences sur son statut de protection, son titre de séjour et un éventuel retour ultérieur en Allemagne.
Toute personne bénéficiant d'une aide au retour subventionnée et qui revient néanmoins en Allemagne pour une durée prolongée peut être tenue de rembourser les prestations perçues. En effet, les aides au retour sont affectées à un usage précis: leur objectif est de permettre un départ volontaire et définitif d'Allemagne.
La prime de retour potentielle de 8 000 euros montre que le gouvernement fédéral souhaite miser davantage sur le retour volontaire. Il n'est toutefois pas encore certain que ce nouveau forfait voie le jour. Aucune décision définitive n'a encore été prise à ce sujet.