Mercredi 8 octobre : Fin de la turbo-naturalisation ?
Mercredi (à partir de 16h30), le Bundestag se prononcera sur une modification de la loi sur la nationalité après un débat d'une trentaine de minutes. Le projet de loi du gouvernement fédéral vise à supprimer la possibilité de se faire naturaliser après seulement trois ans - ce que l'on appelle la turbo-naturalisation.
Explication : jusqu'à présent, la naturalisation était possible dans des cas exceptionnels après trois ans seulement - par exemple en cas de connaissances linguistiques particulièrement bonnes au niveau C1 et de performances d'intégration exceptionnelles. A l'avenir, la durée de séjour minimale pour la naturalisation sera en principe de cinq ans.
Le gouvernement justifie cette mesure par le fait qu'une intégration durable prend du temps et que la naturalisation devrait être liée à une durée de séjour plus longue.
La commission des affaires intérieures recommande l'adoption de la loi. Il est considéré comme certain que la turbo-naturalisation sera abolie.
Naturalisation malgré le revenu de citoyenneté ?
Parallèlement, une motion du groupe de gauche sera votée. Le parti demande que la naturalisation soit rendue possible indépendamment du revenu. Ainsi, les personnes qui dépendent (sans en être responsables) des prestations sociales - comme les personnes handicapées, les proches soignants ou les familles monoparentales - devraient également pouvoir être naturalisées.
Explication : actuellement, l'une des conditions de base pour la naturalisation est d'assurer sa propre subsistance (sans prestations sociales telles que le Bürgergeld). Cela signifie que les bénéficiaires du Bürgergeld n'ont généralement pas droit au passeport allemand. Avec la proposition de la gauche, cela pourrait changer.
La commission des affaires intérieures a recommandé de rejeter cette demande. Il est considéré comme peu probable que la motion soit adoptée par le Bundestag.
Jeudi 9 octobre : mise en œuvre de la réforme de l'asile dans l'UE (GEAS)
Jeudi (à partir de 9h00), le Bundestag se penchera sur la réforme du régime d'asile européen commun (RAEC). Deux projets de loi sont à l'ordre du jour : la loi d'adaptation du système GEAS ainsi que la loi consécutive à l'adaptation du système GEAS.
- Loi d'adaptation du GEAS : il s'agit de modifications du droit d'asile et de séjour. L'objectif est de mieux gérer la migration et de créer des procédures claires tout en garantissant les normes humanitaires.
- Loi d'adaptation GEAS : ce projet adapte principalement le registre central des étrangers et d'autres lois aux nouvelles règles de l'UE.
Les deux projets de loi seront débattus en première lecture avant d'être transmis aux commissions compétentes. Ces lois visent à adapter rapidement le droit national aux nouvelles règles de l'UE qui s'appliqueront à partir de 2026.
Voici ce que prévoit concrètement la réforme GEAS
La réforme du système GEAS comprend une directive et dix règlements de l'UE, que l'Allemagne souhaite reprendre en grande partie. Les mesures suivantes sont notamment prévues :
- Procédure d'asile et de frontière : Les demandes d'asile des personnes arrivant en Allemagne par avion ou par bateau via une frontière extérieure de l'UE doivent être examinées directement à l'aéroport ou au port. Si aucune protection n'est accordée, il s'ensuit une procédure de retour qui doit permettre un renvoi dans le pays d'origine ou dans un pays tiers dans un délai de douze semaines.
- Screening et EURODAC : tous les demandeurs d'asile entrés de manière irrégulière doivent être contrôlés en l'espace de quelques jours - y compris un contrôle d'identité, un contrôle de santé et de sécurité ainsi que la prise de données biométriques. Ces données seront enregistrées dans la base de données EURODAC, à laquelle tous les États membres de l'UE auront accès.
- Des pays tiers sûrs : Le gouvernement fédéral pourra à l'avenir déterminer par décret quels pays seront considérés comme "sûrs". Cela doit permettre des procédures d'asile et des renvois plus rapides. Les personnes provenant de pays d'origine considérés comme sûrs ont moins de chances d'obtenir l'asile.
- Mécanisme de solidarité : les pays de l'UE fortement touchés par la migration doivent recevoir un soutien des autres pays de l'UE - par l'accueil de personnes ayant fui leur pays, des contributions financières ou d'autres mesures.
- Liberté de mouvement et détention : en cas de non-respect des conditions d'asile ou de risque de fuite, la liberté de mouvement peut être limitée ou la détention ordonnée - toujours au cas par cas.
- Réduction des prestations : Les personnes qui enfreignent les règles dans les centres d'hébergement ou qui ignorent les obligations de déclaration doivent s'attendre à des réductions de prestations.
- Accès au marché du travail : les demandeurs d'asile doivent pouvoir travailler au plus tard après six mois - en règle générale, après trois mois déjà.
- Centres d'immigration secondaire : ces centres doivent accueillir les personnes qui ont déjà obtenu une protection dans un autre pays de l'UE. De là, ils peuvent être directement rapatriés.
- Des obligations de séjour et d'enregistrement plus strictes : Les autorités auront davantage de possibilités d'obliger les demandeurs d'asile à résider et à se présenter à l'autorité compétente.
- Extension des contrôles dans les aéroports : à l'avenir, il faudra vérifier plus souvent si les procédures d'asile peuvent déjà être menées dans la zone de transit, c'est-à-dire avant même l'entrée sur le territoire.
- Faciliter l'expulsion des délinquants sexuels: les obstacles juridiques à l'expulsion dans de tels cas doivent être abaissés.
Jeudi 9 octobre : proposition de l'AfD sur le "tournant migratoire".
Jeudi également (à partir de 12h30), une motion du groupe AfD sera débattue pour la première fois. Intitulée "Mettre en œuvre le tournant migratoire concernant la Syrie - Stopper la poursuite de l'accueil et promouvoir le retour dans la Syrie libérée du régime d'Assad", le parti demande de stopper l'accueil des réfugiés syriens et de promouvoir les retours dans le pays.
Après une heure de débat, cette motion sera également transmise aux commissions.
Conclusion
La prochaine semaine de session au Bundestag met clairement l'accent sur la politique d'immigration et d'intégration. Avec la suppression prévue de la turbo-naturalisation, le chemin vers la citoyenneté allemande sera à nouveau plus long.
La loi d'adaptation GEAS pourrait également apporter des changements significatifs dans la procédure d'asile et avoir des répercussions sur la marge de manœuvre de l'Allemagne au sein de l'UE. Les détails de ces changements apparaîtront clairement lors des prochaines discussions en commission.
La proposition de l'AfD sur le "tournant migratoire concernant la Syrie" devrait être avant tout symbolique, mais faire l'objet d'un débat controversé au sein des commissions.