Naturalisation sans revenu propre : Que demande Die Linke ?
Dans la proposition qui vient d'être publiée, Die Linke formule trois exigences centrales pour une réforme du droit de la nationalité :
- Naturalisation indépendante du revenu : La condition de pouvoir assurer sa subsistance de manière autonome, qui était jusqu'à présent obligatoire, doit être supprimée. Ainsi, les personnes qui perçoivent une allocation de citoyenneté ou d'autres prestations sociales pourraient à l'avenir également être naturalisées - pour autant qu'elles remplissent toutes les autres conditions.
- Des exceptions légales claires pour certains groupes de personnes : Pour les personnes dont la perception des prestations n'est pas de leur propre fait - par exemple les malades chroniques, les personnes handicapées, les proches soignants, les parents travaillant à temps partiel, les apprentis et les étudiants - , il convient de créer une réglementation d'exception claire.
- Des procédures plus rapides grâce à une meilleure structure des autorités : pour éviter les longs délais d'attente et les pratiques de traitement inégales entre les Länder, Die Linke demande que les autorités de naturalisation soient mieux dotées en personnel, en moyens financiers et en moyens numériques, et que des normes administratives uniformes soient établies au niveau fédéral.
Comment Die Linke justifie-t-il sa demande ?
Die Linke critique le fait que la réforme du droit de la nationalité en 2024 a supprimé une importante règle d'exception. Auparavant, la naturalisation était possible même si les personnes percevaient des prestations sociales - tant qu'elles n'étaient pas elles-mêmes responsables de la perception de ces prestations, par exemple parce qu'elles étaient malades, en formation ou qu'elles élevaient seules leurs enfants. Cette possibilité a été supprimée.
Depuis lors, de nombreuses personnes bien intégrées et remplissant toutes les autres conditions sont exclues de la nationalité allemande - uniquement, selon Die Linke, parce qu'elles ne peuvent pas assurer elles-mêmes l'intégralité de leur subsistance. Die Linke y voit une violation de la Loi fondamentale, qui prescrit l'égalité de traitement.
Selon la demande, les groupes suivants sont particulièrement concernés :
- les personnes handicapées ou souffrant d'une maladie permanente qui, en raison de leur état de santé, ne peuvent pas travailler ou ne peuvent travailler que de manière limitée.
- les proches soignants qui assument des responsabilités familiales et n'exercent donc pas d'activité professionnelle.
- les personnes âgées dans l'assurance vieillesse de base, qui n'appartiennent pas à la génération dite des "travailleurs immigrés" et ne sont donc pas concernés par les dérogations existantes.
- les parents isolés ainsi que les parents avec de jeunes enfants qui ne travaillent pas ou seulement à temps partiel en raison de la garde de leurs enfants mineurs.
- les étudiants et les personnes en formationLes personnes qui reçoivent des prestations de l'État pour assurer leur subsistance, par exemple parce qu'elles ont un enfant à charge en plus de leur formation ou de leurs études, ou parce qu'elles ne reçoivent pas un soutien suffisant d'autres sources.
Dans la demande, il est dit que ces groupes sont globalement désavantagés par la situation juridique actuelle, bien qu'ils remplissent des tâches importantes pour la société - par exemple en matière de soins, d'éducation ou de formation.
La naturalisation leur est refusée alors qu'ils remplissent toutes les autres conditions. Or, l'accès à la nationalité ne devrait pas dépendre du fait qu'une personne perçoive un revenu professionnel donné.
Exigence : accélérer les naturalisations
Un autre point central de la proposition de la gauche concerne les procédures de naturalisation elles-mêmes. Celles-ci sont souvent trop longues, dépendent fortement de la région et manquent de personnel et de moyens financiers. Dans les grandes villes et les agglomérations urbaines en particulier, les délais d'attente durent régulièrement des mois, voire des années.
Dans certains cas, les autorités n'accepteraient temporairement plus de nouvelles demandes. Die Linke demande donc une stratégie coordonnée de l'Etat fédéral et des Länder : Les procédures doivent être simplifiées, numérisées et uniformisées au niveau fédéral.
Le parti voit "un besoin supplémentaire de faciliter les naturalisations
En outre, la gauche souligne que d'autres réformes seront nécessaires à l'avenir. Le groupe estime qu'il faut encore agir sur
- Les frais: Les coûts des procédures de naturalisation seraient trop élevés pour de nombreuses personnes.
- Les certificats de langue: Les exigences en matière de connaissances d'allemand sont parfois disproportionnées et pourraient désavantager des personnes qui se sont par ailleurs bien intégrées.
- Les enfants nés en Allemagne n' obtiennent automatiquement la nationalité que si l'un des parents a un droit de séjour permanent. Cette réglementation doit être revue.
- Le site l'obligation d'une "déclaration d'adhésion à l'ordre fondamental libéral et démocratique". ainsi que sa procédure de vérification conduisent toujours, dans la pratique, à des interrogatoires discriminatoires. Là aussi, la gauche estime qu'une réforme est nécessaire.
Conclusion : quelle est la prochaine étape ?
Vendredi 27 juin, la proposition de la gauche sera débattue au Bundestag, puis renvoyée à la commission des affaires intérieures. Il n 'est toutefois pas certain qu'elle aboutisse à une modification de la loi. Un soutien des partis gouvernementaux - CDU/CSU et SPD - est considéré comme peu probable.
La raison : la coalition noire-rouge prévoit actuellement plutôt des durcissements du droit d'asile et de la migration que des allègements.
Deux autres initiatives législatives seront également à l'ordre du jour vendredi : D'une part, le regroupement familial pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire doit être suspendu pour deux ans. D'autre part, une loi visant à supprimer la "turbo-naturalisation" après trois ans est en discussion.