Mais ces chiffres montrent également que ce faible taux ne reflète pas la situation de tous les demandeurs d'asile syriens. En effet, de nombreuses demandes d'asile ne font actuellement l'objet d'aucune décision. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?
Le taux de couverture est passé de près de 100 % à 5,3 %
Selon le gouvernement fédéral, le BAMF n'a accepté que 5,3 % des demandes d'asile syriennes en 2025. Cela signifie que seules environ cinq personnes sur 100, pour lesquelles une décision a été prise, ont obtenu l'asile, le statut de réfugié, la protection subsidiaire ou une interdiction d'expulsion. L'année précédente, ce taux s'élevait encore à près de 100 %.
L'une des raisons de cette forte baisse est l'évolution de la situation en Syrie suite au changement de pouvoir à Damas. Le gouvernement fédéral estime que la situation sécuritaire a changé dans une grande partie du pays. C'est pourquoi le BAMF évalue désormais de nombreuses demandes d'asile différemment par rapport à l'année précédente.
De grandes différences selon l'origine et l'appartenance
Les chiffres montrent en outre que les chances d'obtenir une protection dépendent fortement du groupe religieux ou ethnique auquel appartient une personne.
Ainsi, en 2025 :
- Les Yézidis bénéficient d'une protection dans 57,1 % des cas
- Les alaouites dans environ 20 % des cas
- Les chrétiens dans environ 17 % des cas
- Des druses dans 9,1 % des cas
Le taux d'octroi de protection était également supérieur à la moyenne chez les demandeurs d'asile kurdes. En 2025, il s'élevait à 11,8 %. Au cours des premiers mois de l'année 2026, il avoisinait les 20,5 %.
L'une des raisons à cela est que les membres de certaines minorités continuent de faire état de discrimination, de violences ou de persécutions de la part des nouveaux dirigeants. C'est pourquoi les risques auxquels ils sont exposés sont souvent évalués différemment de ceux des autres demandeurs d'asile.
De nombreuses procédures d'asile sont actuellement suspendues
Un point important : l'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) ne statue actuellement pas sur toutes les demandes d'asile en provenance de Syrie – et c'est précisément cela qui a une grande influence sur les statistiques.
Après le changement de gouvernement en décembre 2024, les décisions en matière d'asile ont d'abord été entièrement suspendues en raison de la situation confuse. Ce n'est qu'à l'été 2025 que le BAMF a progressivement repris le traitement des dossiers, mais uniquement pour certains groupes, tels que les délinquants et les personnes représentant un danger. Depuis septembre 2025, les demandes émanant de jeunes hommes d'origine arabe et de confession sunnite voyageant seuls font à nouveau l'objet d'une décision.
En revanche, de nombreuses autres procédures – concernant notamment des familles, des femmes, des personnes âgées et d'autres groupes vulnérables – restent suspendues et ne font actuellement l'objet d'aucune décision.
Un porte-parole du ministère a déclaré au journal Rheinische Post qu'il n'était pour l'instant pas encore clair quand le traitement des demandes concernant d'autres catégories de personnes reprendrait. Cela concerne également les procédures de révocation. Dans le cadre de ces procédures, le BAMF vérifie si les conditions requises pour bénéficier d'une protection sont toujours remplies.
Tout cela a des répercussions sur le taux de protection : celui-ci ne rend compte en effet que des cas ayant effectivement fait l'objet d'une décision, et non de l'ensemble des procédures en cours. De ce fait, ces chiffres reflètent principalement les groupes qui ont moins de chances d'obtenir une protection dans le cadre de la procédure d'asile, et non l'ensemble des demandeurs d'asile originaires de Syrie.
La CDU/CSU demande que la protection humanitaire accordée aux réfugiés syriens soit réexaminée – et, le cas échéant, supprimée. Qu'est-ce qui se cache derrière ce débat, qui serait concerné et quelle est la situation juridique ?...
Qu'est-ce que cela signifie pour les demandeurs d'asile syriens ?
À première vue, ce faible taux d'acceptation de 5,3 % peut sembler inquiétant. Il est toutefois important de noter qu'il ne signifie pas automatiquement que les demandes d'asile des ressortissants syriens n'ont pratiquement plus aucune chance d'aboutir.
Il est important de noter que de nombreuses procédures restent actuellement suspendues. De plus, certains groupes ont encore une chance réelle d'obtenir une protection. Il s'agit notamment des membres de minorités religieuses ou ethniques, ainsi que des personnes qui peuvent prouver de manière crédible qu'elles sont victimes de persécutions individuelles.
En principe, l'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) examine chaque demande d'asile au cas par cas. Cela signifie que les demandes d'asile ne sont pas rejetées de manière systématique. Tout dépend plutôt de la situation personnelle de chaque demandeur et des motifs concrets invoqués pour justifier la demande de protection.