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La photo montre un grand groupe de réfugiés et de demandeurs d'asile. La nouvelle législation européenne en matière d'asile entre en vigueur. Quels changements cela implique-t-il pour les demandeurs d'asile ?

Entrée en vigueur du nouveau régime d'asile de l'UE : quels changements à partir d'aujourd'hui ?

À compter d'aujourd'hui (12 juin 2026), une nouvelle législation en matière d'asile entre en vigueur dans l'UE. La réforme du régime d'asile européen commun (RAEC) constitue l'un des changements les plus importants intervenus dans le droit européen de l'asile depuis des années. Elle vise à mieux gérer les flux migratoires au sein de l'UE, à harmoniser les procédures d'asile et à clarifier la répartition des responsabilités entre les États membres. Mais qu'implique concrètement le RAEC, qui est concerné et quels changements s'appliquent désormais ?
Rédigé par :
Anna Faustmann
Rédacteur
Vérifié par des experts :
Christin Schneider
Expert en droit des étrangers

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Qu'est-ce que le GEAS ?

GEAS signifie « système européen commun d'asile ». Il s'agit d'un ensemble de plusieurs textes législatifs visant à harmoniser davantage le droit d'asile au sein de l'UE. La réforme a été adoptée dès 2024. Après une période transitoire, les nouvelles lois entrent en vigueur à compter d'aujourd'hui.

Le REAS définit notamment quel État membre est compétent pour mener une procédure d'asile, dans quels cas une procédure peut se dérouler directement à la frontière, ainsi que les droits et obligations des demandeurs d'asile pendant la procédure.

En outre, la réforme introduit plusieurs nouvelles mesures. Parmi celles-ci figurent un contrôle à l'entrée sur le territoire, de nouvelles procédures aux frontières, davantage de procédures accélérées et un nouveau mécanisme de solidarité entre les États membres de l'UE.

L'UE justifie cette réforme par plusieurs objectifs : les procédures d'asile doivent devenir plus uniformes et plus faciles à contrôler. Les personnes ne pouvant prétendre à une protection doivent pouvoir être renvoyées plus rapidement vers leur pays d'origine ou vers des pays tiers sûrs. Parallèlement, il s'agit de soulager les pays situés aux frontières extérieures de l'UE, comme l'Italie, la Grèce, l'Espagne ou Chypre.

Quels changements entrent en vigueur à partir d'aujourd'hui ?

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Nouvelle procédure de contrôle à l'entrée sur le territoire

L'un des principaux changements réside dans la nouvelle procédure de filtrage. Il s'agit d'un premier examen des personnes demandant une protection, qui intervient avant la procédure d'asile proprement dite. Elle concerne principalement les personnes qui arrivent à une frontière extérieure de l'UE sans documents d'entrée valides.

Lors du contrôle, l'identité, la nationalité et les données biométriques, entre autres, sont enregistrées. Les autorités vérifient également les questions de santé, les aspects liés à la sécurité et les éventuels besoins particuliers en matière de protection. Les données collectées sont stockées dans la base de données Eurodac, à laquelle tous les pays de l'UE ont accès.

L'UE souhaite ainsi mieux savoir quand et où une personne est arrivée sur son territoire et si elle a déjà été enregistrée dans un autre État membre. Cela devrait faciliter la procédure de Dublin et freiner les mouvements secondaires. On parle de mouvements secondaires lorsque des demandeurs d'asile, après avoir été enregistrés, se rendent de leur propre initiative dans un autre État membre.

À l'issue de l'examen préliminaire, les autorités décident de la procédure à suivre : une procédure d'asile ordinaire sur le territoire national, uneprocédure accélérée à la frontière ou une procédure de retour.

Nouvelles procédures aux frontières extérieures de l'UE

Une autre nouveauté concerne les procédures dites « accélérées » aux frontières. Dans ce cadre, une demande d'asile est examinée directement à la frontière extérieure de l'UE ou dans un centre spécial situé à proximité de la frontière. La procédure est accélérée et vise à déterminer rapidement si une personne bénéficie d'une protection ou doit quitter le territoire.

Dans ce cadre, les autorités vérifient notamment :

  • si la demande d'asile est recevable ou non,
  • si cette personne peut éventuellement bénéficier d'une protection dans un pays tiers sûr,
  • qu'il existe des préoccupations en matière de sécurité ou que cette personne représente une menace pour la sécurité nationale ou l'ordre public.

La procédure à la frontière ne doit pas durer plus de douze semaines. Si la demande d'asile est rejetée à la frontière, une procédure de retour peut s'ensuivre immédiatement. Celle-ci permet de déterminer si la personne sera renvoyée dans son pays d'origine ou vers un pays tiers sûr. L'objectif est de décider plus rapidement si une personne bénéficie d'une protection ou doit quitter le territoire.

Une procédure aux frontières peut notamment concerner les groupes suivants :

  • les personnes originaires de pays considérés comme sûrs et
  • avoir un taux de couverture inférieur à 20 %
  • les personnes accusées d'avoir menti sur leur identité
  • Les personnes considérées comme représentant un risque pour la sécurité.

Les familles avec enfants peuvent elles aussi être concernées par les procédures aux frontières. Des règles particulières s'appliquent aux mineurs non accompagnés. Ceux-ci sont en principe exemptés de la procédure aux frontières. Une exception peut toutefois s'appliquer s'ils sont considérés comme une menace pour la sécurité intérieure.

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Quels changements le système de Dublin va-t-il entraîner ?

Le système de Dublin reste inchangé dans son principe, mais il est complété par de nouvelles règles. Le principe suivant continue de s'appliquer : l'État membre de l'UE dans lequel une personne en quête de protection entre pour la première fois sur le territoire de l'UE est responsable de la procédure d'asile.

Les règles sont renforcées en matière de migration secondaire. Il s'agit des cas où les demandeurs d'asile se rendent dans un autre pays de l'UE qui n'est pas compétent pour traiter leur demande d'asile.

Jusqu'à présent, la responsabilité de la procédure d'asile était transférée, après un certain délai, à l'État dans lequel le demandeur d'asile se trouvait effectivement. À l'avenir, cette situation devrait être davantage évitée.

Le délai pour le transfert vers l'État membre de l'UE compétent reste en principe de six mois. Il peut toutefois être prolongé jusqu'à trois ans si la personne concernée est considérée comme « en fuite ».

Parallèlement, le GEAS met en place un système de solidarité obligatoire. Les États membres de l'UE qui accueillent un nombre particulièrement élevé de demandeurs d'asile ou qui sont fortement sollicités aux frontières extérieures doivent bénéficier du soutien des autres États membres. Ces derniers peuvent, par exemple, accueillir des demandeurs d'asile ou apporter une aide financière ou pratique.

Les prestations versées aux demandeurs d'asile peuvent être réduites

En vertu du règlement GEAS, les prestations accordées aux demandeurs d'asile peuvent également être réduites dans certains cas. Cela peut concerner, par exemple, les demandeurs d'asile qui ont déjà obtenu une protection dans un autre pays de l'UE et qui se rendent ensuite dans un autre État membre (migration secondaire).

Le non-respect des règles de séjour peut également avoir des conséquences. Les prestations peuvent par exemple être réduites si une personne quitte sans autorisation un lieu d'hébergement qui lui a été imposé ou ne respecte pas les restrictions de séjour.

En outre, les prestations peuvent être suspendues pour une durée limitée si une personne perturbe gravement l'ordre dans un centre d'hébergement, menace autrui ou fait preuve de violence.

Il est important de noter que ces mesures ne doivent pas être appliquées de manière générale. Les autorités doivent toujours examiner chaque cas individuellement. De plus, les réductions doivent être proportionnées.

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Faciliter les expulsions vers des pays tiers sûrs

À l'avenir, les renvois vers des pays tiers sûrs situés en dehors de l'UE devraient également être facilités. Jusqu'à présent, un renvoi vers un pays tiers sûr n'était possible que si la personne concernée avait un lien préexistant avec ce pays. Cela pouvait être le cas, par exemple, en raison de liens familiaux, d'un séjour antérieur ou d'autres liens étroits.

Avec les nouvelles règles de l'UE, cela va changer. À l'avenir, une demande d'asile pourra être rejetée comme « irrecevable » si une personne peut également bénéficier d'une protection dans un pays tiers sûr situé en dehors de l'UE et si ce pays est disposé à l'accueillir.

Il n'est plus obligatoire dans tous les cas d'avoir un lien personnel avec ce pays tiers. Un retour peut donc être envisagé même si la personne n'y a jamais vécu auparavant et n'y a pas de famille.

Important : un renvoi ou une expulsion n'est autorisé que si le pays tiers est effectivement sûr et qu'une procédure d'asile équitable y est possible. En outre, le principe de non-refoulement continue de s'appliquer. En vertu de ce principe, personne ne peut être renvoyé vers un pays où il risque d'être soumis à la torture, à des traitements inhumains ou à de graves violations des droits de l'homme.

Conclusion : qu'est-ce que le GEAS signifie à partir d'aujourd'hui ?

Avec le régime d'asile européen commun, le droit d'asile dans l'UE va connaître des changements importants. Les procédures d'asile devraient être accélérées, les enregistrements aux frontières extérieures devraient être harmonisés et la répartition des compétences entre les États membres devrait être clarifiée.

Pour les personnes en quête de protection, cela signifie qu' elles peuvent faire l'objet de contrôles plus précoces et plus approfondis. Dans certains cas, leur demande d'asile peut être examinée directement à la frontière. Les transferts vers d'autres États membres de l'UE ou les retours vers des pays tiers sûrs sont désormais plus faciles à mettre en œuvre.

Dans le même temps, les droits fondamentaux restent garantis. Chaque demande d'asile doit être examinée. Les personnes particulièrement vulnérables doivent être protégées. Et personne ne doit être expulsé vers un pays où il risque d'être soumis à la torture, à des traitements inhumains ou à de graves violations des droits de l'homme.

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Anna Faustmann
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