Cinq États membres de l'UE négocient la mise en place de centres de retour
L'Allemagne négocie (conjointement avec l'Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas) avec le Rwanda au sujet de ce qu'on appelle des « centres de retour ». C'est ce que rapportent notamment *Der Spiegel* et le magazine de l'ARD « *Report Mainz* ». Ces cinq États membres de l'UE collaborent déjà depuis plusieurs mois afin de préparer des accords relatifs à des centres de renvoi situés en dehors de l'UE.
Selon ces informations, des représentants de l'Allemagne et des quatre autres pays de l'UE devraient se rendre au Rwanda dans les prochains jours. D'autres discussions « au niveau technique » devraient y avoir lieu.
Les discussions « au niveau technique » signifient que des experts et des spécialistes discutent des conditions pratiques, organisationnelles et juridiques. Ce n’est qu’ensuite que les décideurs politiques (tels que les ministres ou les chefs de gouvernement) parviennent à un accord définitif.
Une porte-parole du gouvernement rwandais avait auparavant confirmé que des discussions étaient en cours avec des pays de l'UE au sujet d'un éventuel accord sur l'immigration. Aucune décision n'a toutefois encore été prise.
Le ministère fédéral de l'Intérieur a également confirmé au magazine *Der Spiegel* que des discussions étaient en cours concernant les « centres de retour ». Le ministère n'a toutefois pas souhaité préciser jusqu'à présent avec quels pays tiers l'Allemagne négociait. Outre le Rwanda, l'Ouganda et la Tunisie ont également été cités ces derniers mois comme pays partenaires potentiels.
Le ministre fédéral de l'Intérieur, Alexander Dobrindt (CSU), a déclaré il y a quelques semaines déjà que les premiers accords sur les centres de retour pourraient encore être conclus d'ici fin 2026.
L'Allemagne et quatre autres États membres de l'UE ont décidé de créer des centres de rétention (Return Hubs) hors d'Europe. Qui est concerné – et qu'est-ce qui se cache derrière ce projet de l'UE...
Une nouvelle législation européenne jette les bases des « Return Hubs »
Les centres de retour sont étroitement liés à la nouvelle politique européenne en matière d'asile et de migration. Le régime d'asile européen commun (RAEC) est en vigueur depuis juin 2026. Par ailleurs, le Parlement européen a adopté de nouvelles règles relatives au retour des personnes sans titre de séjour (règlement de l'UE sur le retour).
L'UE crée ainsi pour la première fois la possibilité juridique de mettre en place des centres de retour dans des pays tiers.
Important : le fait que le droit de l'Union européenne autorise les centres de retour ne signifie pas que l'Allemagne puisse décider seule dans quel pays un tel centre sera mis en place. L'Allemagne (et les autres États membres de l'UE) ont besoin pour cela de l'accord du pays tiers concerné. Ce dernier doit donc être disposé à accueillir les personnes concernées.
Autre point important : l'UE impose des règles strictes aux centres de retour. Le pays tiers doit respecter les droits de l'homme internationaux et le droit international public. De plus, le principe dit de « non-refoulement » s'applique. Personne ne peut être renvoyé dans un pays où il risquerait d'être persécuté, torturé ou exposé à tout autre danger grave.
Que sont les « Return Hubs » – et qui est censé y être hébergé ?
Les « Return Hubs » sont des centres de retour prévus dans des pays situés en dehors de l'Union européenne. Ils sont destinés à accueillir temporairement les personnes qui n' ont pas de droit de séjour dans l'UE et qui doivent quitter le territoire.
Seraient principalement concernées les personnes faisant l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire, par exemple parce que leur demande d'asile a été rejetée à juste titre ou jugée irrecevable. Les personnes dont le titre de séjour ou le visa a expiré, a été annulé ou retiré pourraient également être concernées.
Le placement dans un centre de retour doit surtout être envisagé lorsque le renvoi vers le pays d'origine n'est pas possible dans l'immédiat – par exemple en raison de l'absence de documents de voyage, d'une identité non établie ou parce que le pays d'origine refuse de réadmettre la personne concernée.
C'est à partir de ces centres de retour que sera ensuite organisée la suite du processus de retour. Les personnes concernées pourraient être transférées de là vers leur pays d'origine ou, si les conditions légales sont remplies, vers un autre État disposé à les accueillir.
Selon les règles actuelles, les mineurs non accompagnés ne doivent pas être hébergés dans des centres de retour. En revanche, aucune exclusion n'est prévue à ce jour pour les familles avec enfants. La durée de l'hébergement dans un centre de retour reste également à déterminer.
L'UE durcit considérablement ses règles en matière d'asile. À l'avenir, les expulsions devraient être mises en œuvre plus rapidement et, pour la première fois, la création de « centres de retour » situés en dehors de l'UE sera autorisée. Mais que se cache-t-il derrière ces nouvelles règles – et qui pourrait être concerné ?...
Les centres de retour au Rwanda n'ont pas encore été décidés
On ne sait pas encore avec certitude si un centre de retour sera effectivement mis en place au Rwanda. Selon les dernières informations parues dans la presse, des négociations sont en cours avec le gouvernement rwandais. Aucun accord n'a encore été conclu.
De nombreuses questions pratiques et juridiques restent également en suspens. Il s'agit notamment de savoir comment ces centres seront organisés, quel statut de séjour y sera accordé aux personnes qui y seront hébergées et comment le respect de leurs droits sera contrôlé.
Une seule chose est sûre pour l'instant : l'Allemagne et d'autres États membres de l'UE souhaitent faire avancer de manière significative les projets de centres de retour dès cette année. Reste à voir si un accord sera conclu dès 2026 et dans quel pays un tel centre pourrait voir le jour.