C'est précisément cette question qui a été examinée par la Cour administrative supérieure (OVG) de Basse-Saxe dans un arrêt récent. Cette décision revêt une grande importance pour de nombreuses personnes concernées, car elle montre ce qui est possible – et ce qui ne l'est pas – en vertu de l'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG).
Qui peut prétendre au bénéfice de l'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) ?
Le § 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) est une disposition dite « droit de séjour ». Elle s'adresse aux personnes qui vivent en Allemagne depuis de nombreuses années, souvent avec une autorisation provisoire de séjour ou un titre de séjour provisoire au titre du § 104c de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG), et qui ont démontré leur intégration pendant cette période. L'objectif de cette disposition est d'offrir une perspective durable en Allemagne aux personnes bénéficiant d'une autorisation provisoire de séjour depuis de nombreuses années.
Parmi les conditions préalables les plus importantes, on peut citer :
- un séjour de plusieurs années en Allemagne avec une autorisation provisoire de séjour, une autorisation de séjour ou un permis de séjour (en règle générale six ans, quatre ans avec des enfants mineurs)
- une garantie prépondérante des moyens de subsistance ou des perspectives d'avenir positives,
- Connaissances suffisantes en allemand (au moins niveau A2)
- ainsi que des connaissances de base sur l'ordre juridique et social en Allemagne, généralement attestées par le test « Leben in Deutschland » (Vivre en Allemagne).
Le droit de séjour prévoit que certaines exigences peuvent être assouplies lorsqu'elles ne peuvent être remplies pour cause de maladie, de handicap ou d'âge. L'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) contient également une telle dérogation.
Conformément au § 25b, alinéa 3 de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG), il est possible, pour des raisons de santé, de renoncer:
- la garantie principale des moyens de subsistance et
- Connaissances suffisantes en allemand.
Mais toutes les exigences ne relèvent pas de cette exception. Et c'est précisément là qu'intervient la décision du tribunal.
L'article 25b de la loi sur le séjour des étrangers (AufenthG) trouve son origine dans la tolérance (Duldung). Cet article explique comment on obtient ce droit de séjour et quels sont les aspects positifs et négatifs du § 25b AufenthG....
Le cas : permis de séjour refusé
L'affaire en question concernait une femme qui vivait en Allemagne depuis plusieurs années déjà. Son permis de séjour avait expiré. L'autorité compétente en matière d'immigration a refusé de le prolonger. Dans le même temps, l'autorité a émis une menace d'expulsion ainsi qu'une interdiction d'entrée et de séjour.
La personne concernée a contesté cette décision devant les tribunaux, invoquant l'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG). Elle a fait valoir que sa maladie l'empêchait de remplir toutes les conditions requises.
Elle souffre de troubles psychiques qui affectent considérablement sa capacité de concentration et d'apprentissage. C'est pourquoi elle n'est pas en mesure de suivre un cours d'intégration et de prouver ses connaissances du système juridique et social allemand.
Elle a toutefois précisé qu'elle était bien intégrée en Allemagne. Elle a cité comme preuve son engagement bénévole régulier au sein d'une institution religieuse. Cet engagement montre qu'elle est intégrée dans la société et qu'elle s'est activement efforcée de s'intégrer.
Pas d'exception pour les connaissances juridiques et sociales
Dans son jugement, le tribunal explique quelles sont les conditions à remplir pour que l'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) s'applique.
Cela montre clairement que la maladie peut être prise en compte, mais qu'elle ne remplace pas toutes les preuves d'intégration. La connaissance de l'ordre juridique et social, en particulier, reste nécessaire.
Cela signifie que toute personne souhaitant demander un titre de séjour conformément à l'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) doit prouver qu'elle possède des connaissances de base sur la vie en Allemagne. Cela comprend :
- comment l'État est structuré,
- quels sont les droits fondamentaux applicables,
- et quelles sont les règles fondamentales qui régissent la vie en communauté en Allemagne.
Selon le tribunal , il n' est pas possible de lever cette condition pour cause de maladie ou de la remplacer par d'autres prestations d'intégration.
Pourquoi ces connaissances sont-elles si importantes pour le droit de séjour ?
Le tribunal a souligné que la connaissance de l'ordre juridique et social est un élément important d'une intégration durable. Elle montre qu'une personne comprend comment fonctionne la vie en Allemagne et quelles sont les règles qui s'y appliquent.
Ces connaissances sont importantes pour pouvoir se débrouiller seul au quotidien, par exemple dans les relations avec les autorités, dans la vie professionnelle ou dans la cohabitation avec d'autres personnes.
C'est pourquoi le tribunal précise clairement : un séjour de longue durée, une activité professionnelle, des problèmes de santé ou un engagement bénévole ne peuvent pas automatiquement compenser une méconnaissance de l'ordre juridique et social.
Toute personne souhaitant obtenir un titre de séjour conformément à l'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) doit en principe prouver qu'elle dispose de ces connaissances, généralement en réussissant le test « Leben in Deutschland » (Vivre en Allemagne) ou en présentant un diplôme scolaire ou professionnel allemand.
Il peut certes y avoir des exceptions à cette règle. Cependant, la maladie seule ne suffit pas pour renoncer à cette preuve.
Des exceptions restent possibles, mais uniquement dans des situations particulières.
Dans le même temps, le tribunal a clairement indiqué que même dans le cas du § 25b AufenthG, il peut y avoir des exceptions dans de rares cas, même sans avoir à prouver sa connaissance du système juridique allemand.
Ces exceptions ne sont toutefois envisageables que si une personne est exceptionnellement bien intégrée et a accompli nettement plus que ce qui est habituellement attendu.
Dans de tels cas, le service des étrangers procède à une évaluation globale. Cela signifie qu'il ne prend pas en compte un seul aspect, mais l'ensemble de la situation de la personne concernée en Allemagne. Il peut notamment tenir compte des éléments suivants :
- la durée du séjour,
- Travail ou formation,
- liens familiaux,
- engagement social,
- Compétences linguistiques,
- ainsi que le comportement adopté jusqu'à présent vis-à-vis des autorités.
Les efforts d'intégration individuels ne suffisent généralement pas. Un engagement bénévole peut certes être considéré comme positif, mais il doit être particulièrement intense, durable et exceptionnel pour compenser le manque de preuves d'intégration.
Le test "Leben in Deutschland" (test de naturalisation) sert de preuve de connaissances de l'ordre juridique et social et des conditions de vie en Allemagne. Vous trouverez ici toutes les informations sur le test, comme par exemple les coûts, le déroulement et la durée ainsi que les 300 questions et réponses. Contenu...
Conclusion
Le jugement précise clairement dans quelles conditions des exceptions à l'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) peuvent être envisagées et où se situent les limites juridiques.
En principe
Pour obtenir un titre de séjour conformément au § 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG), il faut remplir les conditions requises en matière de langue, de moyens de subsistance et de connaissance des conditions de vie en Allemagne. Des exceptions sont possibles, mais elles sont strictement limitées et soumises à des conditions strictes.
Exceptions selon l'article 25b, paragraphe 3, de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG)
Il est possible de déroger à certaines conditions si celles-ci ne peuvent être remplies pour cause de maladie, de handicap ou d'âge. Cela concerne toutefois exclusivement :
- la garantie principale des moyens de subsistance et
- Connaissances suffisantes en allemand.
Il n' y a aucune exception en matière de connaissances de l'ordre juridique et social. Celles-ci sont considérées comme un élément indispensable à une intégration durable.
Exceptions en cas d'intégration exceptionnelle
Même si certaines conditions ne sont pas remplies, l'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) peut néanmoins être appliqué dans de rares cas. La condition préalable est toutefois que la personne concernée soit exceptionnellement bien intégrée.
Pour ce faire, le service des étrangers examine toujours la situation globale en Allemagne. Certains aspects positifs, comme un bénévolat temporaire, ne suffisent généralement pas.
La maladie comme exception – uniquement dans des conditions strictes
Les restrictions liées à la santé peuvent jouer un rôle lors de l'examen, mais elles font l'objet d'un examen particulièrement strict. En règle générale, le service des étrangers exige les justificatifs suivants :
- certificats médicaux récents et pertinents
- informations concrètes sur la nature, la durée et la gravité de la maladie
- une explication compréhensible des raisons pour lesquelles certaines exigences d'intégration ne peuvent être satisfaites à long terme
L'article 25b de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG) ouvre des perspectives en matière de droit de séjour, mais les exceptions sont très limitées et font l'objet d'un examen rigoureux.