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L'image représente, de manière symbolique, une personne menottée. Un arrêt récent apporte des précisions : dans quels cas les infractions pénales peuvent-elles empêcher l'octroi de la protection subsidiaire ?

La Cour se prononce : dans quels cas les infractions pénales peuvent-elles empêcher l'octroi de la protection subsidiaire ?

La protection subsidiaire vise à protéger les personnes qui ne sont pas reconnues comme réfugiés, mais qui courent un risque sérieux de préjudice dans leur pays d'origine. Cette protection peut être refusée si le demandeur représente un danger pour la collectivité. La Cour administrative suprême allemande vient de statuer : le refus ne nécessite pas toujours qu’une infraction pénale unique et particulièrement grave ait été commise. Plusieurs infractions moins graves peuvent également suffire. Que cache cet arrêt ?
Rédigé par :
Anna Faustmann
Rédacteur
Vérifié par des experts :
Christin Schneider
Expert en droit des étrangers

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De quoi s'agissait-il dans cette affaire ?

L'affaire en question concernait un homme qui, selon ses propres déclarations, est de nationalité syrienne. Il avait déposé une demande de protection subsidiaire en Allemagne. L'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) avait toutefois rejeté cette demande dès 2018.

Le BAMF a justifié sa décision en affirmant que cet homme représentait un danger pour la société. Il avait en effet commis plusieurs infractions et avait été condamné à plus de dix reprises à des amendes, des peines pour mineurs et des peines d'emprisonnement. L'homme a formé un recours contre la décision de rejet du BAMF.

En première instance, le tribunal administratif avait donné raison au requérant et avait obligé le BAMF à lui accorder la protection subsidiaire. La Cour administrative d'appel a toutefois annulé cette décision en deuxième instance et a rejeté le recours. Le requérant a alors formé un pourvoi en cassation. C'est désormais la Cour administrative fédérale qui a statué définitivement sur cette affaire.

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Qu'est-ce que la protection subsidiaire et dans quels cas peut-elle être exclue ?

En Allemagne, la protection subsidiaire est accordée aux personnes qui ne remplissent pas les conditions requises pour obtenir le statut de réfugié, mais qui sont néanmoins exposées à un préjudice grave dans leur pays d'origine. Il peut s'agir, par exemple, de la torture, de la peine de mort ou d'un danger grave pour leur vie ou leur intégrité physique résultant d'un conflit armé.

Lorsqu'une personne se voit accorder la protection subsidiaire, elle obtient en Allemagne un titre de séjour pour raisons humanitaires. Le titre de séjour correspondant est prévu à l'article 25, paragraphe 2, deuxième phrase, de la loi sur le séjour des étrangers (AufenthG).

Toutefois, selon la loi, une personne peut être exclue du bénéfice de la protection subsidiaire. C'est notamment le cas lorsqu'il existe des motifs sérieux de croire qu'elle représente un danger pour la collectivité.

Jusqu’à présent, la question de savoir à partir de quand il y a danger pour la collectivité a souvent fait l’objet de débats : faut-il qu’une personne ait commis une infraction particulièrement gravepour que ce soit le cas ? Ou bien plusieurs infractions moins graves, qui s’accumulent, suffisent-elles ?

Quelle a été la décision du tribunal – et pourquoi ?

La Cour administrative fédérale – qui est l'une des plus hautes juridictions de la République fédérale d'Allemagne – vient de statuer : l'exclusion du bénéfice de la protection subsidiaire ne nécessite pas obligatoirement la commission d'une seule infraction particulièrement grave. Plusieurs infractions, considérées dans leur ensemble, peuvent également suffire.

Ce qui est déterminant, c'est la gravité globale de l'ensemble des faits. Si ceux-ci justifient globalement de considérer que la personne concernée représente un danger pour la collectivité, la protection subsidiaire peut être refusée.

Dans le cas d'espèce, les juges ont confirmé l'appréciation de la Cour administrative. Le nombre élevé d'infractions – le requérant avait été condamné dans plus de dix affaires – justifiait de considérer que cet homme représentait un danger pour la collectivité. C'est pourquoi il n'avait pas droit à la protection subsidiaire.

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Quelles sont les implications de ce jugement pour les autres personnes en quête de protection ?

Cet arrêt ne signifie pas que toute infraction mineure entraîne automatiquement la perte ou le refus de la protection subsidiaire. La Cour souligne au contraire que chaque cas doit toujours être examiné individuellement.

Dans le même temps, les juges précisent que les infractions particulièrement graves ne sont pas les seules à pouvoir entraîner l'exclusion du bénéfice de la protection subsidiaire. Plusieurs condamnations pour des infractions moins graves peuvent également suffire si la personne est de ce fait considérée comme un danger pour la collectivité.

Cet arrêt montre donc que la récidive peut entraîner l'exclusion du bénéfice de la protection subsidiaire. Cela vaut également lorsque aucune infraction prise isolément n'est particulièrement grave. Ce qui est déterminant, c'est l'appréciation globale de l'ensemble des infractions.

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Anna Faustmann
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Anna Faustmann travaille comme rédactrice chez Migrando . Grâce à sa solide formation et à sa longue expérience dans le journalisme et le marketing numérique, elle apporte une compréhension approfondie de la conception et ...