De quoi s'agissait-il dans cette affaire ?
Dans la présente affaire, il s'agissait d'un homme originaire de Guinée-Bissau qui souhaitait obtenir la nationalité allemande. Titulaire d'un permis de séjour de longue durée, il avait déposé une demande de naturalisation auprès de l'autorité compétente à Hambourg le 22 février 2025. L'autorité ayant tardé à statuer sur sa demande, l'homme a introduit, le 18 septembre 2025, un recours en carence devant le tribunal administratif de Hambourg.
En intentant ce recours en carence, il souhaitait obtenir que l'administration soit contrainte de statuer sur sa demande de naturalisation. Le service des étrangers a quant à lui demandé le rejet du recours de l'homme. Il a fait valoir que plusieurs enquêtes pénales datant des années 2023 et 2024 étaient toujours en cours à l'encontre du requérant.
Cela signifie que le requérant aurait commis des infractions pénales qui faisaient encore l'objet d'une enquête au moment où il a déposé sa demande de naturalisation. Il n'était donc pas encore certain qu'il y aurait une mise en accusation, une condamnation ou un classement sans suite.
De plus, selon l'autorité, d'autres questions d'ordre personnel et financier restaient en suspens, notamment concernant d'éventuelles pensions alimentaires pour ses enfants. Ces questions en suspens ont également empêché la naturalisation.
Le seuil de minimis prévu à l'article 12a de la loi sur la nationalité allemande (StAG) peut s'avérer déterminant pour vous si vous souhaitez obtenir la nationalité allemande et que vous avez commis des infractions mineures dans le passé. Cette disposition précise quelles condamnations mineures peuvent ne pas être prises en compte dans le cadre de la procédure de naturalisation...
Quelles sont les règles applicables en matière d'enquêtes et d'infractions pénales dans le cadre d'une procédure de naturalisation ?
Les infractions pénales peuvent constituer un obstacle majeur à la naturalisation. Conformément à la loi sur la nationalité, les candidats ne doivent en principe pas avoir été condamnés pour des infractions pénales graves. Cette condition est énoncée à l'article 10, paragraphe 1, première phrase, point 5, de la StAG.
Les condamnations mineures n'ont généralement pas d'incidence sur la naturalisation. C'est le cas, par exemple, des amendes ne dépassant pas 90 jours-amende ou des peines d'emprisonnement de courte durée , jusqu'à trois mois avec sursis. En revanche, en cas de condamnations plus graves, dépassant cette limite, la demande de naturalisation est généralement rejetée.
Il est également important de noter que, en matière de naturalisation, plusieurs condamnations sont en principe prises en compte cumulativement. Plusieurs condamnations qui, prises isolément, ne seraient pas graves peuvent ainsi s'additionner et entraîner l'exclusion du droit à la naturalisation.
Cependant, ce n'est pas seulement une condamnation, mais aussi une enquête en cours qui peut poser problème pour la naturalisation. Conformément à l'article 12a, paragraphe 3, de la loi sur la naturalisation (StAG), la décision relative à la naturalisation doit être suspendue si le demandeur fait l'objet d'une enquête pénale.
Cela signifie que l'autorité attendra d'abord l'issue de la procédure pénale avant de se prononcer sur la naturalisation. En cas de condamnation, l'autorité examinera ensuite si la peine fait obstacle à la naturalisation ou si elle n'y fait plus obstacle.
Quelle a été la décision du tribunal ?
Dans son arrêt, le tribunal administratif de Hambourg a confirmé le droit en vigueur et a rejeté le recours de l'homme. Le recours pour carence était certes recevable en principe, car plus de trois mois s'étaient écoulés depuis la demande de naturalisation. Le recours n'a toutefois pas abouti.
Selon le tribunal, le requérant n'avait pas droit à la naturalisation à la date de l'audience. Il ne pouvait pas non plus exiger que l'administration statue immédiatement sur sa demande. Cela s'expliquait par les enquêtes préliminaires encore en cours à son encontre.
Le tribunal a confirmé que lorsqu'une enquête est en cours à l'encontre d'une personne souhaitant obtenir la naturalisation en raison de soupçons d'infraction pénale, la décision relative à la naturalisation doit être suspendue. En principe, l'autorité compétente ne peut alors pas rendre de décision définitive sur la naturalisation. Dans cette situation, même un tribunal ne peut obliger l'autorité compétente à statuer sur la demande ou à naturaliser la personne.
Il faut d'abord attendre l'issue de l'enquête. Ce n'est qu'ensuite que l'administration pourra vérifier si les conditions requises pour la naturalisation sont remplies.
Conclusion : qu'est-ce que cela signifie pour les personnes souhaitant se faire naturaliser ?
Ce jugement montre que les infractions pénales et les enquêtes en cours sont prises très au sérieux dans le cadre d'une procédure de naturalisation. Il est important de noter qu'une condamnation définitive n'est pas la seule situation susceptible de poser problème pour la naturalisation. Le simple soupçon d'infraction pénale et l'existence d'une enquête en cours conduisent régulièrement les autorités à suspendre la décision relative à la naturalisation.
Ce jugement ne signifie toutefois pas que la naturalisation soit définitivement exclue dans de tels cas. Tout dépend de l'issue de la procédure pénale. Si la procédure est classée sans condamnation, l'autorité compétente peut poursuivre l'examen de la demande de naturalisation.
En cas de condamnation – ou si une condamnation a déjà été prononcée par le passé –, l'autorité chargée de la naturalisation examine si la peine fait obstacle à la naturalisation. À cet égard, les règles suivantes s'appliquent :
- Les condamnations à des amendes ne dépassant pas 90 jours-amende n'ont aucune incidence sur la naturalisation.
- Même les peines privatives de liberté d'une durée maximale de trois mois peuvent être sans conséquence si elles ont été assorties d'un sursis et si elles ont été levées à l'issue de la période de probation.
- Si la limite de 90 jours-amende ou de trois mois avec sursis est légèrement dépassée, l'autorité dispose d'une certaine marge de manœuvre. Elle peut alors, au cas par cas, décider malgré tout que la condamnation ne fait pas obstacle à la naturalisation.
- En cas d'amendes élevées, de peines privatives de liberté sans sursis ou de peines avec sursis de plus de trois mois, la naturalisation n'est généralement pas possible.
Il est également important de noter que, dans certains cas, une naturalisation n'est pas possible immédiatement après l'exécution de la peine. Les condamnations antérieures sont enregistrées dans le casier judiciaire fédéral et peuvent être prises en compte lors de la naturalisation tant qu'elles y figurent encore.
Ce n'est qu'à l'expiration de certains délais de prescription qu'une condamnation ne constitue plus un obstacle à la naturalisation. La durée de ces délais dépend de la nature et de la gravité de la peine. Plus l'infraction ou la condamnation est grave, plus il faudra attendre avant qu'une naturalisation ne soit à nouveau possible.
Il est donc important que les personnes souhaitant se faire naturaliser déclarent de manière exhaustive leurs condamnations antérieures ou les procédures pénales en cours lors de la demande de naturalisation. Si vous n'êtes pas certain qu'une condamnation antérieure puisse poser problème pour la naturalisation, il est recommandé de faire examiner votre cas en détail avant de déposer votre demande.