Le tribunal administratif de Cologne ordonne la naturalisation
Le tribunal administratif de Cologne a décidé qu'un ressortissant afghan devait être naturalisé. L'autorité compétente en matière de naturalisation n'ayant pas statué auparavant, le requérant a formé un recours pour carence.
L'autorité a estimé que la naturalisation ne pouvait être accordée, car le requérant n' était pas en mesure de subvenir à ses propres besoins.
Le demandeur vit en Allemagne depuis de nombreuses années et travaille depuis longtemps à temps plein comme agent de sécurité. Malgré cela, ses revenus ne suffisaient pas. La raison : il a la charge de plusieurs enfants et doit consacrer une grande partie de ses revenus au paiement de pensions alimentaires.
Les pensions alimentaires constituent-elles un obstacle à la naturalisation ?
En principe, lors d'une demande de naturalisation, il est vérifié si les moyens de subsistance sont entièrement et durablement assurés.
Cela signifie que les demandeurs doivent être en mesure de subvenir à leurs propres besoins ainsi qu'à ceux, le cas échéant, des membres de leur famille à leur charge qui ne perçoivent ni revenu minimum garanti ni aide sociale.
Le service des étrangers examine attentivement ces éléments. Il vérifie le revenu net mensuel, les frais de logement (loyer, charges et chauffage) ainsi que d'autres revenus tels que les allocations familiales ou les aides au logement.
Alors que le revenu de base et l'aide sociale constituent généralement un obstacle à la naturalisation, les prestations telles que les allocations familiales, les aides au logement ou les allocations de chômage de type I ne posent pas de problème.
Les pensions alimentaires (pour les enfants qui ne vivent pas dans le même foyer) sont également prises en compte dans leur intégralité dans ce calcul. Elles réduisent le revenu disponible.
Dans le cas présent, c'est précisément ce qui a conduit à ce que les revenus du demandeur s'avèrent insuffisants d'un point de vue mathématique. Une fois les pensions alimentaires déduites, il ne restait pas assez pour couvrir l'ensemble de ses besoins. La condition relative à la garantie du minimum vital n'était donc pas remplie.
Exception : naturalisation malgré l'absence de moyens de subsistance
Malgré cela, le tribunal a donné raison au plaignant. Cette décision s'explique par une exception légale importante en vigueur depuis 2024.
En vertu de la dérogation prévue àl'article 10, paragraphe 1, première phrase, point 3, de la loi sur la naturalisation (StAG), la naturalisation peut être accordée même si les moyens de subsistance ne sont pas entièrement garantis. La condition préalable est que le demandeur travaille à temps plein depuis longtemps, à savoir au moins 20 mois au cours des deux dernières années.
Il est également essentiel que les perspectives d'avenir soient favorables : l'emploi à temps plein doit, selon toute vraisemblance, être maintenu.
C'était précisément le cas ici. Le demandeur occupait depuis plusieurs années un emploi à temps plein sans interruption. Le tribunal a considéré cette activité professionnelle continue comme un signe d'intégration durable sur le marché du travail.
Le tribunal précise ainsi que ce n'est pas seulement le montant des revenus qui compte. En vertu de la nouvelle réglementation, il est également déterminant de savoir si une personne occupe un emploi à long terme et si elle est intégrée sur le plan économique.
Un aspect central de la naturalisation en Allemagne est d'assurer votre subsistance. Cela signifie que vous devez être en mesure de subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille sans aide de l'État, à moins qu'il ne s'agisse de certaines prestations sociales qui ne posent pas de problème....
Résumé : Dans quels cas la naturalisation est-elle possible – et dans quels cas ne l'est-elle pas ?
Le paiement d'une pension alimentaire peut compliquer la naturalisation, car il réduit le revenu disponible. Si, de ce fait, les besoins de subsistance ne sont pas entièrement couverts, la naturalisation n'est en principe pas possible dans un premier temps.
Il existe toutefois une exception importante : toute personne ayant travaillé à temps plein pendant au moins 20 mois au cours des deux dernières années et qui prévoit de continuer à travailler peut tout de même être naturalisée (à condition que toutes les autres conditions soient remplies). Dans ce cas, ce n'est pas seulement le montant des revenus qui compte, mais aussi l'intégration à long terme sur le marché du travail.
C'est particulièrement important pour les personnes ayant plusieurs enfants ou dont la situation familiale est complexe. Dans ces cas-là, les pensions alimentaires pèsent souvent lourdement sur les revenus.
Décision d'importance fondamentale
Le tribunal administratif a déclaré l'appel recevable. Cela montre qu'il s'agit d'une question de droit de principe qui n'a pas encore été tranchée de manière définitive.
Il est donc possible que des juridictions supérieures se penchent à nouveau sur cette question à l'avenir. D'ici là, cet arrêt fournit toutefois une première indication importante : le simple fait de verser une pension alimentaire ne fait pas nécessairement obstacle à la naturalisation, surtout si la personne concernée occupe un emploi à temps plein de manière permanente.