Cas : Demande d'asile après la chute du régime d'Assad
Le plaignant est arrivé en Allemagne en octobre 2023 et y a déposé une demande d'asile. En avril 2025, le BAMF a rejeté sa demande et l'a menacé d'expulsion vers la Syrie. Le motif invoqué était que la situation en Syrie avait fondamentalement changé après la chute du président Bachar el-Assad en décembre 2024.
En mai 2025, l'homme a déposé un recours auprès du tribunal administratif contre le rejet de sa demande d'asile. Mais sans succès - le tribunal a confirmé la décision du BAMF.
Tribunal : pas de danger de persécution ou de guerre en Syrie
Selon les juges, le plaignant ne risque plus de persécution politique dans son pays. Ni le nouveau gouvernement de transition à Damas, ni l'administration autonome à dominante kurde à Hasaka ne le menaceraient. Il ne serait pas non plus menacé par des combats ou des violences arbitraires dans sa région d'origine, selon le tribunal.
Certes, des conflits subsistent en Syrie, par exemple récemment dans le sud entre Druzes et Bédouins, mais le tribunal a été clair : il n'existe actuellement aucun danger individuel pour le plaignant de Hasaka.
Vie en famille et aide au retour possibles
Le plaignant n'a pas non plus pu faire valoir une situation de détresse économique devant le tribunal. Les juges ont constaté que l'homme pouvait vivre gratuitement avec son épouse dans sa famille. De plus, il pouvait assurer sa subsistance de manière autonome, du moins en partie, en travaillant. A cela s'ajoutent des aides au retour de l'Etat sous forme d'argent et de prestations en nature auxquelles il a droit s'il quitte volontairement l'Allemagne.
A plus long terme, le tribunal a même évalué le développement économique en Syrie de manière prudemment positive : les salaires ont augmenté, tandis que les prix des denrées alimentaires ont récemment baissé.
Quelles étaient les règles d'asile applicables aux Syriens dans le passé ?
Retour en arrière : Au début de la guerre civile syrienne en 2011, les personnes fuyant la Syrie ont obtenu l'asile ou la protection des réfugiés en Allemagne selon la Convention de Genève. La situation dans le pays était considérée comme si dangereuse que tout retour était lié à une persécution politique, à la torture ou même à un danger de mort - indépendamment de la situation personnelle. Durant cette période, le BAMF a reconnu le besoin de protection des ressortissants syriens dans le cadre d'une procédure raccourcie.
Cette pratique a changé à partir de fin 2015. Au vu de l'estimation selon laquelle tous les Syriens ne sont pas persécutés individuellement, le BAMF n'a plus accordé que la protection subsidiaire. Celle-ci se distingue nettement du statut de réfugié, par exemple en ce qui concerne le regroupement familial ou le droit de séjour.
Entre 2017 et 2018, le BAMF a de nouveau suspendu complètement les décisions d'asile. Ce n'est qu'à partir de 2021 que l'Office a recommencé à examiner individuellement si la protection des réfugiés, la protection subsidiaire ou la protection contre l'expulsion était justifiée.
Le regroupement familial est un sujet important pour de nombreux réfugiés syriens. Souvent, les personnes concernées ne savent pas si elles peuvent faire venir les membres de leur famille en Allemagne ou non. Il existe différentes possibilités de regroupement, du regroupement familial régulier, en passant par la ...
L'asile pour les réfugiés de Syrie après le changement de pouvoir
Cela a de nouveau changé après la fin de la guerre civile. Avec la chute de l'ancien dirigeant Assad en décembre 2024, le BAMF a de nouveau suspendu les décisions d'asile pour les Syriens.
Le contexte était l'article 24, paragraphe 5 de la loi sur l'asile: En cas de situation incertaine dans le pays d'origine, la décision peut être temporairement reportée. La mesure concernait environ 47.270 demandes d'asile ouvertes de réfugiés syriens, dont environ 46.000 premières demandes.
Ce n'est qu'en mai 2025 que le tribunal administratif de Karlsruhe a décidé que cette suspension n'était plus justifiée. Depuis, le BAMF procède à nouveau à un examen actif - mais plus automatiquement positif : le statut de protection dépend désormais fortement de la région d'origine et de la situation individuelle.
Pour les enfants nés en Allemagne de parents syriens, il n'est pas nécessaire de présenter un passeport national syrien. L'extrait du registre d'état civil suffit pour prouver l'identité et la nationalité de l'enfant....
Conclusion : que signifie le jugement pour les réfugiés syriens en Allemagne ?
Le jugement de Cologne confirme la pratique du BAMF : les Syriens n'ont pas de droit fondamental à la protection en Allemagne. L'octroi de l'asile ou d'un autre statut de protection dépend désormais de la situation individuelle et de la région d'origine - chaque cas doit être justifié individuellement.
Pour de nombreuses personnes concernées, cela signifie des procédures d'examen plus longues, des perspectives peu claires et des retards dans le regroupement familial. Si la demande est rejetée, l'expulsion menace dans le pire des cas.
Le gouvernement fédéral a en outre annoncé qu'il allait à nouveau mettre en œuvre les expulsions de manière plus conséquente à l'avenir. L'accord de coalition stipule que les renvois vers la Syrie doivent en principe être possibles - "en commençant par les criminels et les personnes dangereuses". Alors que les premiers renvois vers l 'Afghanistan ont déjà eu lieu, aucune expulsion concrète vers la Syrie n'a été signalée jusqu'à présent.
Le jugement de Cologne n'est pas encore définitif. Le plaignant peut faire appel auprès du tribunal administratif supérieur. On ne sait donc pas pour l'instant si des instances supérieures se rallieront à cette appréciation ou si la situation en Syrie sera à nouveau évaluée différemment à l'avenir.