Turbo-naturalisation : le Conseil fédéral vote pour la suppression
L'un des thèmes centraux était la suppression prévue de la naturalisation après seulement trois ans en cas de performance d'intégration particulière. Cette naturalisation dite turbo n'a été introduite qu'en 2024 dans le cadre de la réforme de la nationalité.
Plusieurs commissions avaient préalablement recommandé de ne pas supprimer la turbo-naturalisation. Leurs arguments :
- L'Allemagne est tributaire de l'immigration - en particulier des personnes qui s'impliquent activement dans la profession et la société.
- La naturalisation après trois ans est un instrument important pour promouvoir l'intégration et attirer des professionnels qualifiés.
- Avec la suppression de la turbo-naturalisation , une incitation à l'intégration disparaît - surtout parmi les migrants performants et bien intégrés.
Malgré ces doutes , le Conseil fédéral a voté à la majorité pour la suppression de la turbo-naturalisation. Les raisons de cette décision n'ont pas été discutées publiquement.
Quelle est la suite des événements ?
Après les vacances d'été (donc au plus tôt à partir du 8 septembre), le Bundestag débattra à nouveau de la loi et prendra alors une décision. D'ici là, la turbo-naturalisation reste possible.
Le regroupement familial pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire est suspendu
Fin juin 2025, le Bundestag avait déjà décidé de suspendre temporairement le regroupement familial pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire. Le Bundesrat a maintenant confirmé le principe de cette décision.
La loi prévoit que les visas de regroupement familial pour les enfants, les conjoints ou les parents de bénéficiaires de la protection subsidiaire ne seront plus délivrés que dans de rares cas de rigueur.
Depuis 2018 déjà, le regroupement familial pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire était limité: chaque année, seules 12.000 personnes environ obtenaient un visa pour l'Allemagne. Le regroupement familial pour ce groupe est désormais suspendu pour deux ans (probablement jusqu'en juillet 2027).
Autres sujets à l'ordre du jour : ces propositions ont été discutées
Outre les deux thèmes susmentionnés, trois autres propositions ont été soumises au Conseil fédéral.
Important : il ne s'agit pas (encore) de lois ou de projets de lois adoptés, mais uniquement de recommandations au Bundestag.
Naturalisation sans preuve d'identité :
Une autre proposition vise à naturaliser les enfants nés en Allemagne de parents étrangers, même si leur identité ou leur nationalité ne peut pas être entièrement prouvée.
Selon la situation juridique actuelle(§ 8 et § 10 StAG), la preuve de l'identité est une condition centrale pour la naturalisation.
La proposition actuellement en discussion prévoit de surmonter cet obstacle dans des cas de rigueur particuliers - par exemple lorsqu'une personne :
- est né et a grandi en Allemagne
- est majeur
- ne peut pas présenter de documents d'identité, malgré sa propre coopération, parce que le pays d'origine ne les délivre pas ou ne les reconnaît pas
Contexte : dans certains pays d'origine, aucun document d'identité n'est délivré aux enfants nés à l'étranger. Dans d'autres cas, il est très risqué pour les personnes concernées de se rendre dans le pays d'origine pour obtenir les justificatifs correspondants.
Sans preuve d'identité valable, l'accès à la naturalisation leur est jusqu'à présent refusé.
Le Conseil fédéral a toutefois rejeté la proposition.
Naturalisation malgré le revenu de citoyenneté ?
Une autre proposition visait à permettre aux personnes d'être naturalisées tout en percevant des prestations sociales (Bürgergeld, ALG II), à condition que la perception de ces prestations ne soit pas de leur propre fait.
La recommandation au Conseil fédéral souligne que la réglementation pourrait avant tout soulager les groupes vulnérables tels que les étudiants, les malades chroniques, les proches soignants, les familles monoparentales ou les retraités.
Pour des raisons objectives, ces personnes ne peuvent pas assurer elles-mêmes leur subsistance ou seulement en partie. Une naturalisation ne devrait toutefois pas leur être refusée.
Le Conseil fédéral a rejeté la proposition.
La réglementation actuelle est donc maintenue : seules les personnes capables d'assurer leur subsistance de manière autonome peuvent être naturalisées.
Un aspect central de la naturalisation en Allemagne est d'assurer votre subsistance. Cela signifie que vous devez être en mesure de subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille sans aide de l'État, à moins qu'il ne s'agisse de certaines prestations sociales qui ne posent pas de problème....
Permettre la naturalisation numérique dans toute l'Allemagne
En revanche, le Conseil fédéral a approuvé une proposition visant à numériser la procédure de naturalisation.
L'objectif est de créer des dispositions légales claires pour la présentation des demandes - notamment en ce qui concerne les formulaires et l'utilisation des offres numériques.
Si la loi entre en vigueur, les nouveautés suivantes pourraient apparaître dans la procédure de demande de naturalisation :
- Utilisation obligatoire de formulaires de demande officiels :
Lorsqu'une autorité publique met un formulaire à disposition, celui-ci doit désormais être utilisé obligatoirement. Les demandes informelles ne seront plus acceptées. - Numérisation : "Digital by default"
S'il existe une procédure de demande en ligne, celle-ci doit en principe être utilisée. Les seules exceptions concernent les personnes pour lesquelles la demande numérique ne peut être raisonnablement exigée. - Les obligations s'appliquent également aux représentants légaux :
Les avocats ou autres représentants légaux doivent également utiliser la demande numérique, si cela est possible. - Autorisation de déposer une demande à partir de 16 ans :
Les jeunes de plus de 16 ans peuvent déposer des demandes de manière indépendante, à condition qu'ils soient en mesure d'engager une procédure.
Le Bundesrat s'est certes prononcé en faveur de la proposition, mais l'approbation du Bundestag est nécessaire avant que la loi puisse entrer en vigueur.