Contexte : nouveaux combats en Syrie
Au cours des dernières semaines, les combats entre les forces gouvernementales syriennes, les milices alliées et les unités kurdes se sont considérablement intensifiés. Les régions du nord-est de la Syrie et les zones autour d'Alep sont particulièrement touchées. Selon les informations fournies par la gauche, environ 120 000 Kurdes et Yézidis auraient été chassés d'Alep et de ses environs en peu de temps.
Comme le rapporte Die Zeit en se référant à l'Observatoire syrien des droits de l'homme, l'approvisionnement en denrées alimentaires, en médicaments et en biens de première nécessité est presque totalement interrompu. Les livraisons d'aide humanitaire ne parviennent que de manière limitée dans la région. Selon certaines informations, des convois d'aide seraient en route, mais la situation reste tendue.
Bien qu'un cessez-le-feu existant ait récemment été prolongé de 15 jours supplémentaires, des combats isolés ont continué à éclater. De plus, on craint de plus en plus que la milice terroriste « État islamique » ne profite de l'instabilité de la situation sécuritaire.
Pour les enfants nés en Allemagne de parents syriens, il n'est pas nécessaire de présenter un passeport national syrien. L'extrait du registre d'état civil suffit pour prouver l'identité et la nationalité de l'enfant....
Linke demande l'arrêt des expulsions vers la Syrie à l'échelle nationale
Dans ce contexte, Die Linke réclame l'arrêt des expulsions vers la Syrie à l'échelle nationale. Le gouvernement fédéral doit faire pression sur les Länder afin qu'aucun rapatriement n'ait lieu vers ce pays toujours en proie à la guerre et aux crises, a déclaré la présidente du parti, Ines Schwerdtner. La Syrie n'est toujours pas un pays d'origine sûr; la torture, la violence et la mort y sont une menace constante.
Schwerdtner a souligné auprès du RedaktionsNetzwerk Deutschland (réseau rédactionnel allemand) que même dans les régions où aucun combat n'est actuellement mené, la sécurité n' est pas garantie. Là aussi, les populations sont exposées à des violences arbitraires, à des persécutions et à de graves violations des droits humains.
Dans le même temps, Schwerdtner a vivement critiqué le président syrien par intérim Ahmed al-Scharaa. Ses milices seraient responsables de graves violations des droits de l'homme. La gauche demande donc que l'invitation d'al-Scharaa en Allemagne soit retirée et que des poursuites pénales internationales soient envisagées à la place. Le procureur général fédéral avait toutefois refusé d'ouvrir une enquête contre al-Scharaa après une plainte pénale déposée par la communauté kurde en Allemagne.
Contexte : La semaine dernière, une visite d'al-Scharaa à Berlin avait été annoncée. Celle-ci a toutefois été annulée à la dernière minute en raison des troubles persistants. Selon les médias, cette visite aurait également porté sur le rapatriement de citoyens syriens.
Expulsion vers la Syrie : le gouvernement fédéral durcit les règles en matière d'asile
La question de savoir si l'arrêt des expulsions vers la Syrie exigé par la gauche sera effectivement mis en œuvre à l'échelle nationale reste ouverte pour l'instant, et semble plutôt improbable. En effet, le gouvernement fédéral poursuit actuellement une politique contraire.
Dans l'accord de coalition conclu en mai 2025, la CDU/CSU et le SPD ont déjà convenu de reprendre régulièrement les expulsions vers la Syrie et l'Afghanistan. Dans un premier temps, cette mesure concernera principalement les criminels condamnés et les personnes dangereuses. À long terme, cependant, on discute déjà de l'expulsion des personnes dont la demande d'asile a été rejetée et qui n'ont pas de titre de séjour légal.
Le ministre fédéral de l'Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) a déclaré au journal Rheinische Post en septembre dernier que l'on souhaitait conclure un accord avec la Syrie avant 2025 afin « d'expulser dans un premier temps les délinquants, puis les personnes sans droit de séjour ».
À l'heure actuelle, on ignore dans quelle mesure les négociations sur un éventuel accord de réadmission avec le gouvernement provisoire de Damas ont progressé.
Le ministre fédéral de l'Intérieur Dobrindt prévoit de conclure un accord avec la Syrie. Cela permettrait, pour la première fois depuis des années, de procéder à des expulsions, dans un premier temps pour les délinquants, puis également pour les personnes sans titre de séjour...
Le BAMF examine de manière renforcée les demandes d'asile des Syriens
Parallèlement, depuis septembre 2025, l'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) examine à nouveau les demandes d'asile des ressortissants syriens de manière beaucoup plus stricte. L'accent est mis en particulier sur les hommes voyageant seuls, en bonne santé et aptes au travail. La protection n'est plus accordée de manière générale, mais évaluée davantage en fonction de la région d'origine et de la situation individuelle de danger.
Cette décision est motivée par la chute du dirigeant de longue date Bachar al-Assad en décembre 2024. Selon les autorités, le motif initial de protection n'est donc plus valable dans de nombreux cas. Selon les chiffres du BAMF, environ 99 % des demandes d'asile de ressortissants syriens ont été rejetées rien qu'en octobre 2025.
En outre, plusieurs tribunaux administratifs ont désormais confirmé que les Syriens n' ont plus droit à l'asile en Allemagne de manière générale. Il convient désormais d'examiner au cas par cas s'il existe toujours un danger individuel concret.
Doutes au sein du gouvernement quant aux expulsions
Malgré le durcissement des règles en matière d'asile, des doutes subsistent au sein même du gouvernement fédéral quant aux expulsions vers la Syrie. Après une visite en Syrie fin 2025, le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul (CDU) s'est montré sceptique quant à la possibilité d'un retour en toute sécurité à l'heure actuelle.
Une grande partie des infrastructures a été détruite, et il est difficile d'imaginer que les rapatriés puissent mener une vie digne et sûre dans de nombreux endroits. Des organisations internationales telles que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) mettent également en garde contre les expulsions vers la Syrie. Selon l'organisation, le pays n'est actuellement pas en mesure d'accueillir et de subvenir aux besoins d'un grand nombre de rapatriés.
Malgré les inquiétudes, le gouvernement fédéral maintient ses projets d'expulsion vers la Syrie. Alors que le ministre des Affaires étrangères Wadephul met en garde contre les conditions dans le pays, le ministère de l'Intérieur poursuit les discussions avec la Syrie. Qu'est-ce que cela signifie pour les personnes concernées et quels sont leurs droits actuels ?...
Contexte : qu'est-ce qu'un moratoire sur les expulsions ?
Un arrêt des expulsions signifie que les expulsions vers un pays donné sont suspendues pendant une période déterminée. Dans la pratique, cette période est généralement de trois mois. La base juridique est l'article 60a, paragraphe 1, de la loi allemande sur le séjour des étrangers (AufenthG).
Les Länder peuvent ordonner un arrêt des expulsions, généralement par le biais de décrets émanant des ministères de l'Intérieur respectifs. Dans certains cas, le ministère fédéral de l'Intérieur peut également intervenir, par exemple lorsque l'arrêt des expulsions doit durer plus de six mois ou être appliqué de manière uniforme à l'échelle nationale.
Les suspensions d'expulsion sont généralement prononcées lorsque la situation sécuritaire dans un pays se détériore gravement, par exemple en raison d'une guerre, de bouleversements politiques ou de catastrophes naturelles, ou lorsqu'il existe un risque de violations graves des droits humains. Elles s'appliquent à toutes les personnes originaires de ce pays, indépendamment de leur titre de séjour ou du rejet de leur demande d'asile.
Suspension des expulsions : comparaison entre l'Iran et la Syrie
Actuellement, plusieurs Länder ont décrété ou prolongé un moratoire sur les expulsions vers l'Iran. Cette décision s'explique par la situation tendue en matière de droits humains et le risque de persécution politique.
Il n' y a actuellement aucune suspension des expulsions vers la Syrie, ni au niveau régional ni au niveau fédéral. Il est toutefois important de préciser que, bien que le gouvernement fédéral autorise à nouveau les expulsions vers la Syrie, celles-ci sont fortement limitées.
Jusqu'à présent, elles concernent exclusivement les délinquants condamnés et les personnes dites dangereuses. Les expulsions de personnes dont la demande d'asile a été rejetée ne sont actuellement pas officiellement effectuées.
Le ministre de l'Intérieur Dobrindt met en garde contre les voyages d'exploration en Syrie, mais qu'est-ce que cela signifie concrètement pour les personnes bénéficiant d'une protection en Allemagne ? Nous expliquons la nouvelle situation juridique et dans quels cas un voyage dans le pays d'origine peut compromettre le statut de protection...
Conclusion : l'arrêt des expulsions vers la Syrie semble actuellement peu probable.
Malgré la nouvelle aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire en Syrie, aucun arrêt des expulsions n'est actuellement prévu à l'échelle nationale. Les organisations de défense des droits humains continuent certes de mettre en garde contre les rapatriements, et même au sein des partis représentés au Bundestag, certains doutent de la sécurité d'un retour. Mais pour l'instant, le gouvernement mise sur une ligne plus stricte et maintient la possibilité d'expulsions.
La situation reste donc globalement incertaine pour les réfugiés syriens. Important : même sans suspension des expulsions, les demandes d'asile ne font pas l'objet d'une décision globale, mais sont examinées au cas par cas. La région d'origine en Syrie, la situation sécuritaire actuelle sur place et la situation personnelle de la personne concernée jouent ici un rôle central.
La comparaison avec l'Iran montre que les suspensions d'expulsion sont possibles. Compte tenu de la violence persistante et de la crise humanitaire en Syrie, il n'est pas certain pour l'instant qu'une telle mesure soit prise.