Tout d'abord, l'essentiel : il n'existe actuellement aucun projet politique visant à durcir les conditions de naturalisation. À l'exception de la turbo-naturalisation, qui devrait selon toute vraisemblance être supprimée dans les semaines à venir, les conditions d'obtention du passeport allemand - telles qu'elles sont définies dans le § 10 de la loi sur l'état civil - devraient rester en vigueur.
Réactions et revendications politiques
Depuis la révélation de la fraude aux faux certificats de langue, les demandes de contrôles plus stricts se multiplient. Des représentants du syndicat de la police demandent par exemple de suspendre temporairement toutes les procédures nécessitant un certificat B1 ou un test "Leben in Deutschland".
L'AfD demande également un arrêt des naturalisations et des titres de séjour jusqu'à ce qu'une "pratique de contrôle à l'abri des fraudes" soit mise en place. Le parti demande en outre une vérification complète des nationalités déjà accordées. La CDU s'exprime de la même manière - elle aussi plaide pour une nouvelle vérification de tous les titres de séjour et de toutes les naturalisations déjà accordés.
Les conditions de naturalisation seront-elles plus strictes ?
En bref, non.
Un durcissement des conditions de naturalisation n'est pas en vue actuellement. Néanmoins, la question se pose : est-il facile de durcir les conditions et les mesures de contrôle lors de la naturalisation ?
La distinction entre
- Mesures pouvant être mises en œuvre immédiatement par l'administration sans modification de la loi
- Mesures nécessitant une modification de la loi sur la nationalité (StAG)
Quelles mesures l'administration peut-elle mettre en œuvre - sans modifier la loi ?
- contrôle plus strict de l'authenticité des certificats
- renforcement des contrôles aléatoires
- preuves numériques/vérifiables obligatoires
- Audit d'organismes de contrôle
- Demandes de précisions ou vérifications en cas de doute
- tests linguistiques personnels en cas de suspicion de contrefaçon
Nombre de ces mesures relèvent de la compétence de l'Office fédéral de l'immigration et des réfugiés (BAMF), du ministère de l'Intérieur et des autorités locales de naturalisation. Elles peuvent être renforcées dans le cadre de la procédure de naturalisation par des directives, des notes d'application ou des procédures d'admission plus strictes. Ces adaptations ne nécessitent pas de modification de la loi.
Ce qui ne peut être légalement modifié que par une loi
Les changements fondamentaux - par exemple une augmentation du niveau de langue prescrit ou une prolongation de la durée minimale de séjour - nécessitent une modification de la loi sur la nationalité (StAG) et doivent être adoptés par le Bundestag et le Bundesrat. Cela demande beaucoup de travail politique et parlementaire.
Actuellement, il n'existe aucun projet de loi ou initiative visant à durcir les conditions de naturalisation. La seule exception est la suppression prévue de la turbo-naturalisation.
Conditions pour la naturalisation en Allemagne
Selon le § 10 StAG, les étrangers ont droit à la naturalisation en Allemagne s'ils :
- vivre légalement en Allemagne depuis au moins cinq ans
- posséder un droit de séjour illimité(permis d'établissement) ou un titre de séjour validé pour la naturalisation
- assurer sa subsistance de manière autonome et sans aide de l'État
- n'ont pas commis d'infractions graves
- disposer de connaissances suffisantes en allemand (au moins B1)
- réussir le test de naturalisation "Leben in Deutschland" (vivre en Allemagne)
- être en mesure de prouver leur identité et leur nationalité
- reconnaître l'ordre fondamental libéral et démocratique
Ces normes n'ont été réformées qu'en 2024. A l'époque, la durée de séjour régulière a été réduite de huit à cinq ans. Parallèlement, la possibilité d'obtenir une double nationalité a été introduite.
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Quelles conditions pourraient être renforcées - et comment ?
Durée de séjour
La réduction du délai de naturalisation de huit à cinq ans n'a été décidée qu'en 2024 dans le cadre de la réforme du droit de la nationalité. Une nouvelle prolongation nécessiterait une modification de la loi sur la nationalité. Pour cela, il faut un projet de loi et l'approbation du Bundestag et du Bundesrat.
Connaissances linguistiques
Le seuil fixé par la loi se situe au niveau B1 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR). Un relèvement au niveau B2 ou C1 ne serait également possible que par une modification de la loi.
L'administration et le BAMF pourraient toutefois fixer immédiatement des critères plus stricts pour la vérification et la reconnaissance des justificatifs - par exemple, n'autoriser que certains organismes de contrôle ou ordonner un entretien personnel en cas de doute sur l'authenticité d'un certificat.
Test de naturalisation "Vivre en Allemagne
L'article 10, paragraphe 1, n° 6 de la loi allemande sur la nationalité (StAG) stipule que pour être naturalisé, il faut prouver ses "connaissances de l'ordre juridique et social ainsi que des conditions de vie en Allemagne". Pour cela, le test de naturalisation "Leben in Deutschland" (LiD) est exigé. Des exceptions s'appliquent par exemple en cas de diplôme de fin d'études allemandes.
Le BAMF détermine le contenu exact, les questions d'examen et les limites de réussite du LiD. Dans ce cadre, l'office pourrait augmenter le seuil de réussite, rendre les questions plus difficiles ou ordonner des examens oraux supplémentaires. Une modification de la loi ne serait pas nécessaire.
Mais ici aussi : Actuellement, on ne sait pas si de telles adaptations sont prévues.
Moyens de subsistance et impunité
Selon l'article 10 de la StAG, la naturalisation n'est possible que si le demandeur peut assurer sa subsistance de manière autonome. En outre, la naturalisation est exclue en cas de délits graves - concrètement, en cas de condamnation à plus de 90 jours-amende.
Ces deux conditions sont fixées par la loi.
Des durcissements - par exemple des périodes d'interdiction plus longues après une condamnation - ne seraient possibles que par une modification de la loi sur la nationalité.
Titre de séjour
Pour être naturalisée conformément à l'article 10, paragraphe 1, point 2 de la StAG, une personne doit posséder un droit de séjour permanent ou un permis de séjour validé pour la naturalisation. Il s'agit d'une condition légale et non d'une simple pratique administrative. Il faut donc également une modification de la loi pour renforcer cette condition.
Retrait de la citoyenneté en cas de fraude
Un point central du débat actuel est la possibilité de révoquer le passeport allemand après coup. Selon le § 35 de la loi sur l'acquisition de la nationalité allemande (StAG ), la nationalité peut être annulée si elle a été obtenue par tromperie ou par des documents falsifiés.
En principe, le passeport allemand peut être retiré jusqu'à dix ans après sa délivrance s'il a été obtenu dans de fausses conditions, par exemple en falsifiant des justificatifs.
Conclusion
Les certificats falsifiés ont lancé un débat sur les conditions d'obtention de la nationalité. Une grande partie des revendications se concentre actuellement surtout sur des contrôles plus stricts des certificats et sur le réexamen des procédures déjà achevées.
Un coup d'œil sur les conditions de naturalisation en Allemagne - comme la garantie d'un revenu ou un séjour minimum de cinq ans - montre toutefois que, dans la plupart des cas, un durcissement fondamental des conditions nécessiterait une modification de la loi, qui devrait être approuvée par le Bundestag et le Bundesrat. De telles modifications ne sont actuellement pas prévues.
Toutefois, à court terme, l'administration et le BAMF peuvent être beaucoup plus stricts dans la vérification des certificats et des preuves afin de prévenir la fraude.