Le Bundestag décide d'autoriser l'accès anticipé au marché du travail pour les demandeurs d'asile
Le Bundestag a récemment adopté une loi facilitant l'accès des demandeurs d'asile au marché du travail. À l'avenir, de nombreux demandeurs d'asile pourront commencer à travailler après seulement trois mois de séjour en Allemagne, que leur demande d'asile ait déjà été traitée ou soit encore en cours d'examen.
Auparavant, le délai d'attente était souvent plus long, en particulier pour les personnes vivant dans un centre d'accueil initial. La nouvelle réglementation vise à accélérer l'accès au marché du travail.
Il est toutefois important de noter que, même selon la nouvelle loi, le fait d'exercer un emploi n'a aucune influence sur la procédure d'asile. Cela signifie qu'un emploi n'augmente pas les chances d'obtenir l'asile et ne conduit pas automatiquement à un droit de séjour.
Le SPD réclame le droit de séjour pour les demandeurs d'asile qui travaillent
Le SPD souhaite désormais aller encore plus loin. Le parti demande que les demandeurs d'asile qui ont un emploi et s'intègrent puissent obtenir un permis de séjour.
Du point de vue du SPD, les règles actuelles posent un problème à de nombreuses entreprises : celles-ci investissent du temps et de l'argent dans la formation de leurs employés, mais souvent, elles ne savent pas si ces derniers seront autorisés à rester en Allemagne à long terme. Si la demande d'asile est rejetée par la suite, la personne concernée risque d'être expulsée, même si elle travaille déjà.
Le SPD y voit une charge tant pour les employeurs que pour les demandeurs d'asile. C'est pourquoi il réclame une réglementation permettant aux demandeurs d'asile qui travaillent et sont intégrés d'avoir une perspective à long terme en Allemagne.
La CDU/CSU rejette la proposition
La CDU/CSU, qui forme le gouvernement avec le SPD, rejette toutefois cette proposition. Selon elle, le système d'asile doit rester clairement séparé du marché du travail.
Le porte-parole chargé des affaires intérieures, Alexander Throm (CDU), souligne que le travail ne doit pas constituer une protection contre l'expulsion. Toute personne qui n'a pas droit à l'asile doit quitter l'Allemagne, qu'elle ait un emploi ou non.
Selon la CDU/CSU, lier le droit au travail au droit de séjour pourrait créer de fausses incitations à utiliser le système d'asile comme moyen d'accéder au marché du travail.
Les ministres de l'Intérieur de l'UE veulent à l'avenir expulser plus rapidement les demandeurs d'asile, y compris vers des pays tiers avec lesquels ils n'ont aucun lien personnel. Quels sont les autres projets à l'ordre du jour et pourquoi certains d'entre eux sont-ils difficiles à mettre en œuvre ?...
Conflit également au sujet des cours d'intégration
Outre le débat sur le droit de séjour des demandeurs d'asile, l'accès aux cours d'intégration gratuits fait l'objet de critiques. Depuis la fin de l'année dernière, le BAMF a considérablement restreint l'accès à ces cours.
Selon les nouvelles directives du ministère de l'Intérieur, les cours d'intégration ne peuvent désormais être suivis gratuitement que par les personnes qui y ont légalement droit ou qui sont tenues d'y participer par les autorités. Il s'agit principalement des personnes bénéficiant d'une protection reconnue, telles que les réfugiés reconnus ou les bénéficiaires d'une protection subsidiaire.
Pour d'autres groupes, l'accès a considérablement changé. De nombreuses personnes, dont de nombreux demandeurs d'asile et réfugiés ukrainiens, n' ont souvent plus accès gratuitement aux cours d'intégration. Il leur est donc plus difficile de participer à des cours de langue et à des programmes d'intégration.
Le SPD critique cette évolution. Selon lui, les cours de langue et d'intégration sont une condition préalable importante pour que les migrants trouvent un emploi à long terme.
La pénurie de main-d'œuvre qualifiée intensifie le débat
Le débat sur le droit de séjour des demandeurs d'asile qui travaillent est également influencé par la pénurie de main-d'œuvre qualifiée en Allemagne. De nombreux secteurs recherchent désespérément des travailleurs.
Les associations économiques soulignent donc depuis longtemps que, d'un point de vue économique, il peut être problématique d'expulser des personnes bien intégrées et actives.
Dans le même temps, une enquête menée auprès de migrants montre que les compétences linguistiques restent un obstacle majeur à l'accès au marché du travail. Beaucoup de personnes ne postulent pas à des emplois lorsqu'elles estiment que leur niveau d'allemand n'est pas suffisant, même si elles possèdent déjà un certificat de langue de niveau B1 ou B2.
Quiconque ment sur son nom ou son origine dans le cadre d'une procédure d'asile risque de perdre son droit de séjour, même après une intégration réussie. C'est ce qu'a confirmé la Cour administrative supérieure du Schleswig-Holstein...
Qu'est-ce que cela signifie pour les demandeurs d'asile en Allemagne ?
Pour les demandeurs d'asile, un changement majeur est intervenu : l'accès au marché du travail est désormais possible beaucoup plus tôt. Beaucoup peuvent déjà commencer à travailler après trois mois de séjour.
Cependant, le fait d'avoir un emploi ne donne pas automatiquement droit à un permis de séjour. La procédure d'asile continue d'être décidée indépendamment du fait qu'une personne travaille ou non.
La question de savoir si les demandeurs d'asile qui travaillent pourront obtenir un permis de séjour à l'avenir reste ouverte. Elle fait actuellement l'objet d'un débat politique, mais les partis ne sont pas encore parvenus à un accord.