Permis de séjour exigé jusqu'en 2028 - même sans visa ou revenu
Concrètement, le projet prévoit que les Yézidis qui sont entrés en Allemagne avant le 31 juillet 2025 obtiennent un permis de séjour de trois ans, qu'ils soient entrés avec un visa ou qu'ils puissent assurer leur subsistance.
La réglementation doit s'appliquer de manière uniforme dans toute l'Allemagne et durer jusqu'au 31 juillet 2028. Après cette date, il serait possible de passer à un permis de séjour de longue durée.
La loi doit réduire les obstacles bureaucratiques : Les examens au cas par cas seront supprimés, ce qui épargnera du travail aux autorités et donnera de la sécurité aux personnes concernées et facilitera leur intégration.
Le Bundestag a reconnu le génocide en 2023
Dès janvier 2023, le Bundestag a qualifié de génocide les crimes commis par l'EI contre les Yézidis dans le nord de l'Irak. Selon les Nations unies, des milliers d'hommes ont été tués et plus de 7.000 femmes et filles ont été enlevées depuis 2014. Environ 2.000 d'entre eux sont toujours portés disparus.
Suite au génocide, de nombreux Yézidis ont fui vers l'Allemagne. Entre 2015 et 2019, plus de 75.000 personnes sont venues de cette communauté. On estime qu'entre 100.000 et 200.000 yézidis vivent désormais en République fédérale - la plus grande diaspora yézidie en dehors de l'Irak.
Selon les Verts, un retour n'est toujours pas acceptable pour beaucoup. La région de Sinjar reste peu sûre : des violences sont régulièrement perpétrées par des cellules locales de l'EI, des opérations militaires iraniennes et d'autres acteurs armés.
L'Allemagne a une "responsabilité de protection envers les victimes de génocide".
Le projet de loi indique également que le gouvernement fédéral n'a jusqu'à présent rempli sa responsabilité de protection que de manière limitée. En 2023, seuls 53 pour cent des demandeurs d'asile yézidis d'Irak ont obtenu un statut de protection. Beaucoup d'entre eux vivent depuis lors avec un statut de séjour incertain, ce qui rend leur intégration beaucoup plus difficile.
Avec cette nouvelle loi, les Verts veulent tirer les conséquences politiques de la reconnaissance du génocide. L'Allemagne a une responsabilité historique particulière, notamment envers les victimes de graves crimes contre les droits de l'homme.
L'arrêt des expulsions vers l'Irak n'est pour l'instant que temporaire - pas de solution à long terme
Ces dernières années, des arrêts de déportation pour les Yézidis ont toujours été mis en place au niveau des Länder - par exemple en Rhénanie du Nord-Westphalie, en Thuringe, en Rhénanie-Palatinat et dans le Schleswig-Holstein. Ces mesures étaient toutefois limitées dans le temps, ce qui, selon les Verts, ne peut pas être une solution durable.
Une prolongation des interdictions d'expulsion nécessite l'accord du ministère fédéral de l'Intérieur. Certes, plusieurs Länder demandent depuis longtemps un arrêt des expulsions au niveau fédéral. Mais lors de la conférence des ministres de l'Intérieur en juin 2024, une initiative dans ce sens a échoué faute d'accord avec le gouvernement fédéral.
Les Verts demandent donc un droit de séjour uniforme au niveau fédéral, qui offre une protection durable aux personnes concernées et qui permet en même temps la sécurité juridique et l'intégration.
Contexte : Expulsions malgré la reconnaissance du génocide
Malgré la position claire du Bundestag et l'insécurité persistante en Irak, des expulsions ont à nouveau eu lieu récemment. Selon les données du ministère fédéral de l'Intérieur, 399 personnes au total ont été expulsées vers l'Irak en 2023 - dont des Yézidis. En 2024, ce chiffre est passé à 699.
L'organisation de défense des droits de l'homme Pro Asyl estime qu'entre 5.000 et 10.000 Yézidis sont actuellement considérés en Allemagne comme devant quitter le pays. Au vu de ces chiffres et de la situation dans le pays d'origine, les Verts demandent une solution inscrite dans la loi pour ce groupe particulièrement vulnérable.
Quand la loi entrera-t-elle en vigueur ?
Actuellement, la loi n'est qu'une proposition du groupe parlementaire des Verts. Pour que la réglementation puisse effectivement entrer en vigueur, le Bundestag doit approuver la proposition à la majorité simple. Les premières délibérations sont attendues au plus tôt à partir de septembre 2025.
Il est actuellement difficile de prévoir si la nouvelle loi obtiendra une majorité - d'autant plus qu'elle va à l'encontre de la politique d'asile et d'immigration actuellement plutôt restrictive du gouvernement fédéral.