Que réclame concrètement la CDU ?
Le politicien de la CDU Günter Krings s'est prononcé en faveur d'une modification de la loi sur la nationalité. Cette prise de position s'appuie sur les chiffres récents publiés par le service de presse « Mediendienst Integration ». Selon ces chiffres, la majorité des personnes nouvellement naturalisées conservent leur nationalité d'origine en plus de la nationalité allemande.
M. Krings porte un regard critique sur cette évolution. Il a déclaré à l'agence de presse AFP: « Le fait qu'un nombre aussi élevé de nouvelles naturalisations conduise à la double nationalité n'est pas une bonne chose. » Selon lui, il est donc nécessaire d'agir.
Le responsable politique de la CDU propose d'étendre les dispositions légales relatives à la perte de la nationalité allemande. Concrètement, il demande que les personnes ayant la double nationalité puissent, dans certains cas, perdre plus facilement leur nationalité allemande.
Krings fait notamment référence aux personnes qui commettent des infractions graves après leur naturalisation. Dans de tels cas , il estime qu'il est dans l'intérêt général de faciliter la perte de la nationalité allemande.
Selon Krings, les dispositions légales actuelles ne sont pas suffisantes. Il critique : « Les motifs actuels justifiant la perte du passeport allemand sont toutefois tout à fait insuffisants. Pourquoi quelqu’un pourrait-il perdre son passeport allemand s’il commet des actes terroristes à l’étranger, mais pas sur le territoire national ? »
Dans quels cas la nationalité allemande peut-elle être retirée ?
La déchéance de la nationalité allemande après naturalisation est soumise à des règles juridiques très strictes. La base juridique se trouve à l'article 35 de la loi sur la nationalité (StAG).
En conséquence, une naturalisation peut être annulée si elle a été obtenue par tromperie, menace ou corruption. Cela vaut également lorsqu'une personne a sciemment fourni de fausses informations ou omis des faits importants au cours de la procédure de naturalisation.
En principe, une telle révocation de la naturalisation est possible jusqu'à dix ans après la remise du certificat de naturalisation.
En outre, la nationalité allemande peut être retirée dans d'autres cas. Cela est par exemple possible lorsqu'une personne s'engage volontairement dans les forces armées d'un autre pays dont elle possède également la nationalité. La participation à des combats menés par une organisation terroriste à l'étranger peut également entraîner la perte de la nationalité allemande.
Les personnes ayant la double nationalité pourraient-elles perdre plus facilement leur passeport allemand à l'avenir ?
Il n'existe actuellement aucune disposition du type de celle réclamée par Günter Krings. Selon la législation en vigueur, la commission d'une infraction grave sur le territoire national n'entraîne pas automatiquement la perte de la nationalité allemande.
Pour mettre en œuvre la proposition de ce responsable politique de la CDU, il faudrait modifier la loi sur la nationalité. Cela nécessiterait un projet de loi concret et une majorité au Bundestag.
On pourrait par exemple envisager des modifications ponctuelles en vertu desquelles les personnes ayant la double nationalité pourraient perdre la nationalité allemande si elles commettent des infractions graves ou des actes terroristes.
Pour l'instant, toutefois, aucun projet de loi de ce type n'a été présenté. Il n'est donc pas certain que cette initiative politique débouche effectivement sur une modification de la loi.
Qu'est-ce que cela signifie pour les personnes ayant la double nationalité ?
Pour les personnes ayant la double nationalité, rien ne change pour l'instant. La double nationalité reste en principe autorisée et les dispositions existantes relatives à la perte de la nationalité allemande continuent de s'appliquer sans modification.
La demande formulée par Günter Krings, membre de la CDU, n'est pour l'instant qu'une proposition politique. Il n'existe toutefois pas, à l'heure actuelle, de projet de loi concret.
La situation juridique issue de la réforme de la nationalité de 2024 continue de s'appliquer aux personnes qui souhaitent actuellement se faire naturaliser. En vertu de cette réforme, la nationalité d'origine peut en principe être conservée lors d'une naturalisation.