Qu'est-ce que le conseil indépendant en matière d'asile ?
Pour de nombreux réfugiés, le service indépendant de conseil en matière d'asile constitue un premier point de contact essentiel en Allemagne. Il les aide à s'y retrouver dans la procédure d'asile.
Dans la pratique, les centres de conseil apportent leur aide, par exemple, pour :
- comprendre le déroulement de la procédure d'asile
- Connaître ses droits et ses devoirs
- préparer les documents importants
- se préparer aux auditions
Ce service de conseil est indépendant des autorités telles que l'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF). Les réfugiés y reçoivent donc des informations d'un organisme qui n'est pas chargé de statuer sur leur demande d'asile.
Les autorités tirent elles aussi profit des centres de conseil : lorsque les demandeurs d'asile sont bien informés dès le début, les procédures se déroulent souvent plus rapidement et de manière plus structurée. Cela permet d'éviter les erreurs ou les recours inutiles.
Le service indépendant de conseil en matière d'asile a été décidé fin 2022 et mis en place mi-2023. Il est gratuit et proposé, entre autres, par l'Arbeiterwohlfahrt (AWO), Caritas ou la Diakonie. Au cours des deux premières années, environ 108 000 personnes ont eu recours à ce service.
Ce qui est prévu exactement
Le débat actuel porte principalement sur le financement des services d'aide indépendants en matière d'asile. L'État fédéral y consacre actuellement environ 25 millions d'euros par an.
Selon des informations du RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND), le ministère fédéral de l'Intérieur aurait l'intention de supprimer complètement cette aide à partir de 2027. Le ministère de l'Intérieur n'a pour l'instant pas confirmé ces projets.
Un porte-parole a expliqué que les décisions concernant les fonds et les programmes de soutien ne seront prises que dans le cadre des négociations budgétaires. Ces négociations pour l'année 2027 doivent encore avoir lieu.
Le RND rapporte toutefois que le projet serait déjà plus avancé en interne que ce que le ministère laisse entendre à l'extérieur.
Deuxième mesure d'économie importante dans le domaine de l'asile et de l'intégration
Ce n'est pas la première mesure d'économie que le ministère de l'Intérieur prévoit dans le domaine de l'asile et de l'intégration. Il y a quelques semaines, on a appris que l'Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) n' autoriserait plus la participation volontaire aux cours d'intégration pendant toute l'année 2026.
Ce sont surtout les migrant·e·s qui n'ont pas légalement droit à un cours d'intégration qui sont concerné·e·s. Jusqu'à présent, ils pouvaient y participer sur la base du volontariat, dans la mesure où des places étaient disponibles. Cette possibilité devrait désormais être supprimée.
Concrètement, il s'agit des groupes suivants :
- Demandeurs d'asile dont la procédure est en cours
- Personnes bénéficiant d'une autorisation provisoire de séjour
- Réfugiés ukrainiens bénéficiant d'un titre de séjour en vertu de l'article 24 de la loi sur le séjour des étrangers (AufenthG)
- citoyennes et citoyens de l'Union européenne
- Allemands ayant des besoins particuliers en matière d'intégration
- les personnes bénéficiant d'une interdiction nationale d'expulsion
À l'heure actuelle, ces groupes de personnes ne peuvent participer à des cours d'intégration que s'ils y sont contraints par une autorité publique ou s'ils prennent eux-mêmes en charge les frais de ces cours.
Comme le rapporte le RND, il y a actuellement en Allemagne 72 000 places vacantes dans des formations qui auraient dû débuter au cours des prochains mois. À titre de comparaison : en 2025, 307 000 inscriptions volontaires avaient encore été acceptées ; fin février de cette année, il n'en restait plus que 589.
Conclusion
Il n'a pas encore été officiellement confirmé que le financement des centres de conseil indépendants en matière d'asile serait effectivement supprimé. Une décision définitive devrait être prise dans le cadre des négociations budgétaires pour 2027.
Pour les réfugiés, cela pourrait signifier qu'ils bénéficieront à l'avenir d'un soutien moindre dans le cadre de la procédure d'asile et de leur intégration en Allemagne. Les experts craignent en outre que cela ne rende les procédures plus complexes et plus longues.